Maine, J. Courtney Sullivan (Rue Fromentin)


MaineOn se souvient du premier roman de J. Courtney Sullivan, Les débutantes, qui avait ravi un bon nombre de lecteur en 2012, dont le très enthousiaste libraire Gérard Collard. L’auteur américaine propose cette année, toujours aux éditions rue Fromentin, un nouveau récit où les femmes sont toujours à l’honneur.

Cette fois, il s’agit non plus de relations amicales mais filiales, au sein d’une famille d’origine irlandaise installée sur la côte Est des États-Unis. La grand-mère, Alice, est une forte tête, une femme encore belle malgré ses quatre vingt et quelques années, toujours vive, au tempérament toujours plus redouté. Au sein de sa propre famille, elle ne cache pas ses préférences pour ses enfants et petits-enfants et ne mâche pas ses mots quand il s’agit de critiquer le mode de vie de ceux qui ne cadrent pas avec ses principes. Mais elle-même est victime de son éducation stricte et catholique. Elle porte le poids d’une double culpabilité : celle de n’avoir jamais été une bonne petite fille, une personne sage, tempérante et obéissante et celle d’avoir provoqué un drame irréparable.

Alice, veuve depuis une dizaine d’années, retourne à chaque belle saison dans sa propriété du Maine. Cette résidence secondaire, gagnée sur un simple pari par son mari au début de leur vie conjugale et aujourd’hui très cotée, a accueilli tous les étés les membres de la famille Kelleher. Les enfants d’Alice, puis plus tard les familles de ses enfants.

Il y a d’abord Kathleen, très attachée à son défunt père et en rupture totale avec sa mère. Sa vie de patachon est un sujet continuel de discorde avec Alice alimenté en sous-main par le manque d’amour maternel dont a souffert l’aînée de la fratrie. Le seul point commun entre les deux femmes est leur addiction à l’alcool. La fille de Kathleen, Maggie, pâtit auprès de sa grand-mère de la mauvaise image de sa mère. Pourtant, Maggie est d’une bien autre trempe et son apparente fragilité cache un courage et une détermination qui ont manqué à sa mère et à sa grand-mère.

Il y a ensuite Pat, le trop sage et raisonnable « fils à maman », dont le dévouement n’est pas si désintéressé qu’il semble l’être. Sa femme Ann Marie, femme et mère parfaite aux yeux de tous, révèle quant à elle ses failles au bout de trente ans de bons et loyaux services.

Cette année sera certainement la dernière année pour Alice dans le Maine. Elle a décidé, sans rien dire à personne, de faire don de sa propriété à l’Eglise, espérant une indulgence par ce biais pour ses péchés. Elle espère ainsi obtenir le pardon, pas tant aux yeux de Dieu qu’aux siens propres, et compte bien retrouver la paix intérieure pour les derniers temps qu’il lui reste à vivre. Mais c’est sans compter sur l’arrivée au cottage de Maggie, Ann Marie et Kathleen…

On retrouve ici le style tellement apprécié des Débutantes, cette façon de scruter à la loupe des générations de femmes avec leurs aspirations, leurs contraintes, la façon dont elles se plient ou non au déterminisme de leur genre, la façon parfois cruelle dont elles se protègent, la façon dont elles arrivent à assumer leurs choix ou au contraire la façon dont elles se fissurent après de vaines et persévérantes tentatives de se conformer à ce que l’on attend d’elles. Courtney Sullivan brosse un tableau de famille grinçant et de très beaux portraits de femmes tout en leur portant un regard bienveillant, loin de tout jugement moralisateur ou réprobateur.

 

Merci au service de presse des éditions Rue Fromentin !

 

Maine (« Maine », 2011) de J. Courtney Sullivan, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Catherine Lavacourt, 2 Mai 2013, éditions Rue Fromentin, 380 pages
ISBN: 9782919547135

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Commentaires

Allez hop, dans ma pal !!!

posté par Onee-Chan (la bibli d'Onee) le 02.05.13 à 10 h 44 min

Il sort aujourd’hui en librairie ;)

posté par La Ruelle bleue le 02.05.13 à 10 h 57 min

Je n’ai aps lu les débutantes, mais tu me donnes envie de découvrir l’auteure :-)

posté par yueyin le 02.05.13 à 14 h 12 min

Oui, il faut la lire, l’un ou l’autre titre ! Les deux donnent une bonne idée de son univers !

posté par La Ruelle bleue le 06.05.13 à 9 h 35 min

J’ai très envie de lire « Les Débutantes » dont j’ai longtemps guetté la sortie en poche (depuis le 2 mai, c’est chose faite, youpi !), et qui m’accompagnera cet été.
« Maine » semble tout à fait à la hauteur de son prédécesseur, ce qui est réjouissant : nous assistons sans doute à la naissance d’une auteure à suivre et à aimer.
En tout cas, alors même que je ne l’ai pas encore lue, son univers féminin et grinçant m’attire irrésistiblement.

posté par Emma le 11.05.13 à 8 h 32 min

Vivent les parutions en poche ! Oh, je vois que tu as un nouveau blog ;)

posté par La Ruelle bleue le 13.05.13 à 17 h 30 min

Et bien voilà : ce roman est mien depuis samedi ainsi que « Les Débutantes » et, assez illogiquement, c’est par « Maine » que je souhaite commencer, simple question de sujet, d’ambiance, d’intuition,…
En tout cas, nous en reparlerons :)

posté par Emma le 27.05.13 à 10 h 15 min

Alors bonne lecture, et à bientôt !

posté par La Ruelle bleue le 29.05.13 à 14 h 04 min
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