Ils vivent la nuit, Dennis Lehane (Rivages)


ilsviventlanuitAprès le formidable « Un pays à l’aube », Dennis Lehane remet le couvert avec la famille Coughlin originaire d’Irlande et installée à Boston, ville chère au cœur du romancier, au début du XXème siècle.

Après avoir suivi l’histoire du père, du fils aîné et de l’oncle en prise avec les tensions sociales et raciales de l’après première guerre mondiale, nous enchaînons ainsi avec le benjamin de la famille, Joe, qui choisit d’intégrer la mafia locale et entame une carrière criminelle prometteuse.

Il faut dire que les temps s’y prêtent bien car nous sommes en 1926, sept ans après le Volstead Act qui instaure la Prohibition. La contrebande et le trafic d’alcool ont pris leur rythme de croisière, les speakeasies ont fleuri et essaimé un peu partout, la pègre s’est organisée. Mais les rivalités entre les différents clans font rage. Chaque caïd local tente d’avoir la main mise sur un territoire qu’il souhaite toujours plus grand, le trafic d’alcool débordant sur celui des armes et sur le proxénétisme, l’assassinat étant le moyen le plus sûr d’arriver à ses fins. Lucky Luciano, depuis New York, observe avec attention et place ses pions…

A la suite d’un braquage minable avec ses deux acolytes, Joe se retrouve en prison et fait la connaissance d’un parrain italien qui repère très vite en lui la graine de gangster qui ne demande qu’à germer et s’épanouir. Il le prend sous sa protection le temps de la détention, lui paie un avocat brillant qui parvient à le faire sortir et l’engage pour gérer « sa petite entreprise » en Floride.

Joe ne déçoit pas son patron. Il mûrit, assoit son charisme, confirme son talent dans ce milieu d’arsouilles. Il semble même s’y plaire malgré les risques de trahisons et les luttes d’influence où chacun risque sa vie à tout moment, mais sans jamais s’y complaire. D’autant que Joe est un dur au cœur tendre. Son point faible, ce sont les femmes. Non pas qu’il les collectionne et les affiche en trophée comme tout bon macho qui se respecte. Joe est un romantique et ne tombe pas facilement amoureux. Seules deux femmes ont marqué et influé le cours de sa vie. Deux femmes fatales, ou presque…

Même si la veine historique du grand banditisme à Boston est moins passionnante que celle des tensions sociales dont il était question dans le premier volet de cette saga familiale noire, même si une énième histoire de mafia est loin d’être originale, « Ils vivent la nuit » n’en reste pas moins une lecture addictive et très recommandable. Le style Lehane, bien sûr, encore et toujours !

 

Ils vivent la nuit, (« Live by night », 2012 ) de Dennis Lehane, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Isabelle Maillet, éditions Rivages, collection Thriller, 20 mars 2013,  526 pages
ISBN : 9782743624613  /  23,50 €

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