Seul le silence, de R. J. Ellory (trad. Fabrice Pointeau, éd. Sonatine)


Cela me trottait dans la tête depuis un petit moment : je ne pouvais concevoir ce blog sans parler d’un livre qui m’a fortement marquée, même si je l’ai lu il y a pratiquement un an de cela et qu’il est sorti en août 2008.
Non, impossible de ne pas faire figurer « Seul le silence » au panthéon de La Ruelle bleue car il a été mon plus gros coup de coeur 2009 et j’y pense encore souvent.

Je n’ai eu de cesse de le conseiller : dans les cercles de lecture, auprès d’amis bibliothécaires ou libraires, à mes proches également. Lorsque j’ai travaillé un peu en librairie l’hiver dernier, je l’ai vivement recommandé aux clients qui venaient chercher des idées pour Noël.

Car pour ce titre, je me sentais sûre de moi, sûre de sa qualité, sûre du plaisir de lecture que je promettais aux amateurs de romans policiers comme aux lecteurs de « littérature blanche ». Et je n’ai jamais eu de retour négatif.

Il faut dire que R. J. Ellory, dont c’était le premier roman traduit en français, a été touché par la grâce au moment de l’écriture de ce livre. Il a réussi très brillamment à conjuguer roman noir et exigence littéraire.

« Seul le silence », c’est  un concentré d’émotions, un récit délicat et subtil, un personnage principal puissant, une atmosphère captivante aux charmes vénéneux. Imperceptiblement, la mélancolie vous gagne, insaisissable, faussement somnolente. Vous êtes cernés, vous êtes pris, vous êtes emportés…

Il fait partie de ces livres sensibles qui pour moi ont suspendu le temps, ont créé des parenthèses dans le cours ordinaire des choses, ont figé des secondes de lecture en purs moments d’intensité.

Pour ma part, la littérature, c’est avant tout l’émotion. Avec « Seul le silence », j’ai donc, comme le dit si joliment Maupassant, « subi une de ces imperceptibles émotions dont l’effleurement a été si fugitif que la raison ne s’en souvient point, mais dont la vibration demeure aux cordes du coeur les plus sensibles »

une interview (en anglais mais très intelligible) de R. J. Ellory à propos de « A quiet belief in angels » (titre original)

voir du même auteur l’article sur « Vendetta » aux éditions Sonatine
voir également du même traducteur l’article sur « La compagnie des menteurs » de Karen Maitland, aux éditions Sonatine.

Prix du roman noir Nouvel Obs-BibliObs du roman étranger 2009, Prix des Lecteurs du Livre de Poche – Le Choix des Libraires 2010

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Commentaires

Je viens de le terminer, et si, j’ai moi aussi ressenti cette grâce dont tu parles, j’ai été un peu déçu par la fin qui ne me semble pas à la hauteur du reste

posté par alpaugre le 20.04.11 à 17 h 31 min

Merci d’être venu me faire part de tes impressions à cette lecture ! Pour tout te dire, je ne me souviens plus de la fin, peut-être inconsciemment pour avoir à nouveau le plaisir de le lire !

posté par La Ruelle bleue le 22.04.11 à 8 h 42 min

Mickael Furnon, fortement marqué par la lecture de ce roman, lui a consacré un chanson. Il s’agit de « Je m’appelle Joseph », tiré de La grande évasion. Bonne lecture et bonne écoute !
http://www.laruellebleue.com/4326/seul-le-silence-de-r-j-ellory-sonatine/

posté par my dad le 02.11.11 à 14 h 03 min

Original !

posté par La Ruelle bleue le 03.11.11 à 19 h 41 min
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