Origine, de Diana Abu-Jaber (trad. Edith Ochs, éd. Sonatine)


Une fois n’est pas coutume, je vais faire court, ce qui conviendra parfaitement aux canons de Google. Je ne vais pas m’attarder sur ce livre que je vais pour ma part vite oublier.

Malgré de nombreux échos positifs courant sur la toile, mon avis est malheureusement à la hauteur de ma déception: sans appel.

On m’avait vendu un « thriller littéraire » avec une « exploration fascinante et pleine de compassions de thèmes aussi universels que la maternité, le deuil, l’identité et la mémoire ».

Je n’ai rien vu de tout cela. Juste un assemblage de clichés, de lieux communs, une écriture sans charme et pleine de tics, une succession de vignettes dignes des albums Panini de ma jeunesse.

Commençons par l’intrigue, le nerf de la guerre du roman policier : encéphalogramme plat. J’ai quand même réussi à m’endormir trois fois au cours de la lecture, une avant d’atteindre la cinquantième page (démarrage sur les chapeaux de roues !) et une au moment du dénouement final (suspense haletant…).

A quoi avons-nous affaire ? Une vague histoire à la Greystoke, tirée par les cheveux, qui finit par s’effondrer comme un soufflet ; des meurtres de nouveaux-nés reliés au passé du personnage principal, Lena, experte en empreintes judiciaires à la police scientifique, et par ailleurs orpheline ; un serial killer très falot et une enquête asthmatique.

Et sur cette trame, des personnages mal ficelés, caricaturaux, la plupart complètement désincarnés, comme Léna, justement et malheureusement.

De Léna, nous avons une série de clichés bavards et répétitifs : Léna et son sandwich, Léna dans le bus, Léna dans le froid, Léna à la boulangerie, Léna dans un lit, Léna à l’hôpital…. C’est lourd, c’est long, c’est redondant, c’est superficiel. Je n’ai pas réussi à me faire une image de ce personnage, à imaginer à quoi elle pouvait bien ressembler. Je sais qu’elle est hypersensorielle et qu’elle a des cheveux (bah oui, c’est l’image qu’il me reste d’elle, des mèches de cheveux). Elle a une vie intérieure riche, très riche, et une vie sociale pauvre, très pauvre. Elle est souvent « pilotée » par les autres et tout ce qu’elle vit semble être au ralenti et dans la brume… Ni attachante, ni anti-héros : juste un avorton de personnage de roman. A trop vouloir insister sur ses états d’âme, l’auteur manque complètement à nous la rendre « palpable ».

Nous avons aussi le personnage du macho jaloux, homme d’action viril, dont l’heure de gloire culmine au moment d’une scène de demande en mariage totalement ridicule et éculée. Pour faire bonne figure, il y a son pendant, un gentil jeune homme plutôt cérébral, très sensible, amoureux (presque platonique) de notre héroïne, fort et protecteur et très très patient. Si, si, il est très sensible : on nous le fait lourdement comprendre quand il raconte deux épisodes traumatisants de sa vie. Je n’ai pas pu éprouver la moindre compassion lors de ses confidences qui tombent par ailleurs comme un cheveu sur la soupe.

Pour compléter la caricature, nous avons le groupe de femmes, collègues de bureau. C’est bien connu, plus de deux nanas et bonjour l’ambiance : perfidie, mesquinerie, jalouserie, rivalités… Eh bien on n’y coupe pas ! Tout dans la subtilité…

Quant aux thèmes de la maternité, de la filiation, de l’identité, du deuil, s’ils sont bien évidemment et forcément évoqués, ce n’est qu’à l’état de survol. Les truismes s’enchaînent et ne laissent qu’un bel ennui.

Voilà pour mon avis : vous en trouverez un meilleur ici. Mais lisez et jugez vous-même !

Et si vous jetiez un oeil sur...