Un village sans histoires, de Charles Lewinsky (trad. Léa Marcou, éd. Grasset)


Lors d’un récent cercle de lecture auquel je participais fut avantageusement présenté « Melnitz », de Charles Lewinsky, saga d’une famille juive en Suisse. Quelques jours plus tard en librairie, je tombe sur ce livre, Un village sans histoires, du même auteur. Ni une, ni deux, je le prends, assez confiante.

Le narrateur, allemand d’origine, nous relate sous forme de confidences, chuchotements, aveux et autres divulgations, ses remarques et ses observations sur la vie du village français dans lequel il vit depuis quelques mois. Courtillon est le microcosme des turpitudes et des vilenies de l’âme humaine. Dans ce petit village de quelques rues et quelques maisons, nous découvrons la corruption des uns, la tromperie des autres, la cupidité, la jalousie, la vénalité, la soif de vengeance de l’un ou l’autre des habitants. Et nous assistons également à un éventail de faits divers qui ferait pâlir d’envie n’importe quelle feuille de chou locale : arnaque à l’assurance, profanation religieuse, accusation de pédophilie, détournement de mineurs, suspicion de meurtres.

Entre une vieille folle au milieu de ses poules, une commère en fauteuil roulant, un notable influent à la retraite, un maire qui semble confondre intérêt personnel et intérêt général, un idiot du village fasciné par le feu et un homme à tout faire surnommé Saint-Jean, gravite une myriade de secrets plus ou moins bien gardés.

A cela s’ajoute des ados qui traînent dans le village, dont certains issus du centre de rééducation voisin, une femme adultère, un ancien général qui rappelle au village son passé trouble pendant la seconde guerre mondiale…

J’oubliais le secret du narrateur lui-même, cet ancien professeur qui vit seul dans une grande maison négligée de ce doux village si paisible. Taraudé par un ancien amour, il est allé jusqu’à enlever les roues de sa voiture pour s’empêcher de retourner sur les lieux de sa vie passée. Que fuit-il donc ?

L’écriture est certes plaisante et je n’ai eu aucune peine à traverser cette histoire tout au long des trois cents et quelques pages. Mais l’ennui rôde. Car il est difficile de croire à tant de turbulences et avanies en un seul lieu ; il n’y a que dans les téléfilms paresseux où l’on ose une si forte concentration d’évènements sordides et de perfidies ! Alors je me suis vite lassée des commérages et cachotteries. Mon intérêt s’est peu à peu détourné de cette compilation d’immoralités et de travers humains.

Ce roman ne m’a donc pas convaincue. Mais je donne à nouveau rendez-vous à l’auteur et lirai prochainement « Melnitz » (écrit en fait après Un village sans histoires et j’espère plus réussi).

D’autres critiques plus enthousiastes ici et .

Et si vous jetiez un oeil sur...



Dites moi ce que vous en pensez