La fille à l’étoile d’or, de Roger Bichelberger (éd. Albin Michel)


En 2004, Roger Bichelberger publiait « Le Déserteur », un roman inspiré du suicide de celui qui aurait dû être son parrain, tout jeune soldat français pacifiste qui ne voulait pas tuer.

Quelques temps après, l’auteur reçoit une lettre d’un lecteur allemand fidèle touché par la façon dont Roger Bichelberger évoque dans plusieurs de ses livres la guerre entre les deux pays. Il lui écrit se reconnaître particulièrement dans la personne du « déserteur » et il joint un cahier qui retrace son itinéraire de jeune allemand à travers la seconde guerre mondiale.

Ce témoignage sera la source d’inspiration et le fil conducteur du dernier roman de Bichelberger « La fille à l’étoile d’or ».

« Si je vous dis ensuite que la vie est mon inspiration première (la plus profonde, la plus quotidienne, la plus personnelle) vous ne serez pas étonné. La vie me met en route, avec tout ce que je suis. Ensuite, j’écris « avec mes tripes ». »

Août 1945, dans un camp en Normandie, Ansgar, jeune homme de 16 ans originaire d’Aix-la-Chapelle attend qu’il soit décidé de son sort en tenant un journal intime. Il a été fait prisonnier sur le front par les Américains alors qu’il tentait de se soustraire à l’armée allemande, non pas parce qu’il fuyait la défaite de son camp mais parce qu’enrôlé de force, il était fondamentalement opposé au régime nazi dont il souhaitait profondément la perte.

D’une famille très catholique et humaniste, l’idéologie xénophobe du national-socialisme est une hérésie pour lui et les crimes perpétrés sur les ordres d’Hitler une abomination. Il ne comprend pas comment le peuple allemand a pu se laisser gouverner par un tyran et commettre en son nom les pires atrocités.

Il se rappelle comment les institutions catholiques ont été muselées et regrette que certaines d’entre elles n’aient pas osé broncher. Lui est pour la Résistance. Il est accablé par le sort réservé aux Juifs. Le souvenir bouleversant de sa jeune voisine dont il était secrètement amoureux se teinte d’horreur et de désolation à l’idée qu’elle et sa famille ne reviendront jamais.

En proie au doute quant à la nature humaine, Ansgar confie dans ce cahier le poids de la culpabilité et de la honte. L’oubli est impossible…

Et le témoignage du lecteur allemand, résistant aux nazis dans jeunesse, trouve grâce à l’écriture délicate de Roger Bichelberger, un écho littéraire lumineux.

Merci au service de presse des éditions Albin Michel !

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Commentaires

Je viens de lire il y a peu : la rose blanche et le récit de ces jeunes allemands opposants au nazisme, le sujet de ce livre m’intéresse donc même si j’ai déjà pas mal lu sur le sujet

posté par Dominique le 28.11.10 à 9 h 16 min

Bonjour Dominique,

depuis le film « Sophie Scholl », il est vrai que ce thème n’est plus tant passé sous silence et je me souviens l’année dernière d’un « Etranger à Berlin » qui s’adressait avant tout aux jeunes mais pas seulement (sur la souffrance du peuple allemand pendant la guerre, il y a « un automne allemand » de Stig Dagerman qui date de 1946 déjà). « La fille à l’étoile d’or » n’est pas un documentaire mais un court roman inspiré d’un témoignage….

posté par La Ruelle bleue le 28.11.10 à 9 h 34 min

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