Les ronds dans l’eau, Hervé Commère (Fleuve noir)


« Les ronds dans l’eau », c’est un peu l’effet papillon appliqué à la destinée humaine, la théorie du chaos à l’échelle des gens ordinaires.

Ivan est un homme simple avec un nom banal,  un métier quelconque, une ancienne et malheureuse histoire d’amour triviale. Ivan mène une vie normale en somme. Il est soumis aux lois initiales de tout individu de sexe masculin né dans la deuxième moitié du XXe siècle dans une ville moyenne d’un pays riche et « civilisé ».

Une vie banale et toute tracée me direz-vous… C’est sans compter sur cette propriété de l’univers qu’on appelle la « grande sensibilité aux conditions initiales » qui permet qu’un phénomène fortuit et apparemment insignifiant ait des répercussions complètement imprévisibles et disproportionnées sur la situation de départ si bien régie et ordonnée.

L’élément déclencheur d’un séisme dans la vie d’Ivan, c’est l’apparition de son ancienne petite amie dans une émission de téléréalité.

Sa vie prend alors des tours  inattendus et bascule dans une sorte de cauchemar éveillé. Les décisions qu’il prend et qu’il met en œuvre trouvent un écho sensationnel à un fait divers vieux de plus de quarante ans, un braquage dans le milieu mafieux de Los Angeles. Guidé par une main implacable à laquelle il ne peut se soustraire, il croise le chemin de truands à la retraite endurcis par un passif lourd et menaçant qu’il leur reste à liquider et se trouve ainsi mêlé à des meurtres aux allures de règlement de compte. Inculpé et incarcéré, Ivan se débat comme un moucheron dans une toile d’araignée.

Juste parce qu’il était au mauvais endroit, au mauvais moment et qu’il a pris le temps d’une pulsion une mauvaise iniative.

Concours de circonstances, hasard pernicieux, déterminisme malchanceux, main de Dieu… en observant ces rides expansives dessinées sur l’eau par un petit caillou jeté négligemment, chacun méditera à sa façon sur le cours ordinaire des choses qui peut s’emballer de façon inopinée, brutale et irrésistible…

Hervé Commère nous entraîne dans ce labyrinthe aux enchaînements fatidiques avec la délicatesse qu’il faut pour que les personnages prennent une dimension intrigante et attachante aux yeux du lecteur et que leur interaction sonne juste. Une illustration réussie de ce que pressentait Balzac dans sa « Comédie humaine »: « Le hasard est le plus grand romancier du monde ; pour être fécond, il n’y a qu’à l’étudier ».

 

Les ronds dans l’eau, de Hervé Commère (Fleuve noir éditions), 10 mars 2011, 288 pages

ISBN 2-265-09266-5 / 18 €

Merci à l’agence Abstract pour le service de presse !

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Commentaires

merci! ça m’a donné envie de le lire ce bouquin :)

posté par sextoy le 10.03.11 à 15 h 14 min

Tant mieux !

posté par La Ruelle bleue le 10.03.11 à 15 h 38 min

Ça semble fort intéressant !
Il est noté, évidemment …
Tes billets sont toujours d’une agréable lecture.
Je suis un « fan » !
Merci !

posté par Richard le 10.03.11 à 15 h 47 min

Tu n’as toujours pas reçu mon colis ???? Je crains qu’il ne se soit définitivement noyé : ça fait plus d’un mois !!!! Je suis très déçue…

posté par La Ruelle bleue le 10.03.11 à 17 h 09 min
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