Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison, Arto Paasilinna, (Denoël et D’ailleurs)


Décidément nos voisins du nord de l’Europe ont le don d’inventer des histoires aussi saugrenues que loufoques. Après « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire et se fit la malle » du suédois Jonas Jonasson, le finlandais Arto Paasilinna nous entraîne dans une truculente aventure au fin fond de la Laponie.

De méchantes rumeurs courent à propos d’un ancien kolkhoze reconverti en exploitation de cultures biologiques. Sa gérante serait impliquée dans certaines disparitions remarquées dans la région. Elle pourrait même (éventuellement peut-être) se trouver à l’origine d’un meurtre…

La Sécurité nationale envoie donc une taupe espionner sur place. L’agent infiltré se fait passer pour un contrôleur bio. Il visite ainsi l’exploitation depuis les terres où sont cultivées les herbes aromatiques jusqu’aux anciennes mines désaffectées abritant désormais des champignonnières. L’inspecteur Jalmari Jyllänketo cache sa méconnaissance de l’agriculture biologique et sa véritable mission derrière une bonhommie, une naïveté et une bonne volonté qui ne sont pas si feintes que cela…

Car Jyllänketo se sent plutôt bien dans ce territoire sauvage lapon aux multiples secrets dont les rustiques habitants peuvent parler un patois des plus débraillés. Il y rencontre des gens ma foi sympathiques et plutôt très accueillants : Sanna, la jeune horticultrice polyvalente qui sait aussi organiser des séminaires internationaux pour le haut patronnat finlandais ; Pekka le mercenaire aviateur, amateur de cylindrées sauvages qui fait office de directeur des ressources humaines ; Emma, instructrice en savolais au ventre bien tendu et accessoirement hôtesse de l’air aux multiples heures de vol et Ilona la gérante, une femme à poigne certes, mais certainement victime de ses propres malheurs et dont on ne peut remettre en doute sa noble conception de la justice.

Vous avez entendu parler de travailleurs forcés ? De main d’œuvre kidnappée et assujettie à un dur labeur sous contraintes ? Non, on vous aura mal renseigné… Pour preuve, lisez donc le rapport final de l’inspecteur Jyllänketo : cette exploitation est exemplaire. D’ailleurs, il a décidé d’y faire sa vie et d’y fonder un foyer, c’est vous dire…

De situations rocambolesques en péripéties absurdes, on se surprend parfois à voir l’ombre de la panthère rose derrière la silhouette de l’inspecteur finlandais, les catastrophes en moins mais le flegme en commun. A la fin de l’aventure, la moralité n’en sort pas indemne et a cédé sa place à un humour caustique débridé mais pince-sans-rire.

Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison (« Hirttämättömien lurjusten yrttitarha », 1998), de Arto Paasilinna, traduit du finnois par Anne Colin du Terrail, éditions Denoël et D’ailleurs, 27 mai 2011, 343 pages

ISBN : 9782207109991 / 20 €

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Commentaires

Encore un roman qui sort des sentiers battus! j’adore quand c’est original et que cela surprend le lecteur ! je le note! je le note !!

posté par Bruno le 17.07.11 à 17 h 58 min

position transat, doigts de pied en éventail recommandée !

posté par La Ruelle bleue le 17.07.11 à 18 h 11 min

J’aime bien cet auteur ! Je me rappelle plus spécifiquement d’un roman où il était question d’un pasteur et d’un ours …
J’avais eu beaucoup de plaisir à suivre leurs aventures !
Bonne journée
Amitiés

posté par Richard le 17.07.11 à 19 h 37 min

J’aime beaucoup l’humour d’Arto Paasilina. Ce nouveau roman a l’air très tentant.

posté par Marie le 17.07.11 à 22 h 15 min

un rien déjanté !

posté par La Ruelle bleue le 18.07.11 à 17 h 18 min

les amateurs du genre seront certainement ravis !

posté par La Ruelle bleue le 18.07.11 à 17 h 19 min

Ah ce sacré Paasilinna et son génie des titres surréalistes.Je l’aime beaucoup mais j’avoue l’avoir un peu délaissé après sept livres lus et appréciés.Son univers commençant à me devenir trop familier,je pense.J’y reviendrai sûrement.

posté par Eeguab le 18.07.11 à 20 h 11 min

oui, j’imagine qu’on s’en lasse…mais une fois de temps en temps comme une petite friandise entre deux livres plus graves !

posté par La Ruelle bleue le 20.07.11 à 8 h 27 min

Alala, toujours pas lu Paasilinna. J’ai Petit suicide entra amis dans ma PAL depuis des lustres mais je crains le côté un peu trop déganté à mon goût. Il faudra bien que je me lance un jour, surtout que ses intrigues sont toujours originales et ma foi plutôt tentantes.

posté par zarline le 20.07.11 à 22 h 47 min

C’était mon premier ! Certainement le meilleur parce qu’une fois habitué au style, comme dit Eeguab, il se pourrait bien qu’on s’en lasse… Mais, mais, comme je n’en ai pas lu d’autres, je m’avance peut-être imprudemment !

posté par La Ruelle bleue le 21.07.11 à 9 h 14 min
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