Father, Vito Bruschini (Buchet Chastel)


On pourrait presque dire qu’il s’agit là d’un roman de cape et d’épée, un roman d’aventures porté par un souffle historique et romanesque. Mais les capes et les épées sont remplacées ici par des Borsalino et des armes à feu puisque Vito Bruschini nous transporte au cœur de la mafia.

Le roman s’ouvre en Italie au début des années 20, dans un petit village sicilien aux us et coutumes très prégnants mais secoué par les changements politiques et sociaux qui se profilent, tant en Italie que sur la scène internationale. Les hors-la-loi ont pris le maquis, certains jeunes succombent au chant des « chemises noires », l’Eglise tente de conserver le plus de pouvoir politique, les aristocrates et les propriétaires terriens s’accrochent à leurs privilèges hérités d’un temps féodal alors que paysans et ouvriers, portés par un idéal socialiste, aspirent à de meilleures conditions de vie. Chacun défend âprement ses intérêts et ses profits mais aucune voix ne s’élève quand sont promulguées les premières lois anti-juives… Le fascisme ne s’est pas encore totalement imposé mais le désordre est total.

Le petit village de Salemi, derrière ses traditions et son code d’honneur et de conduite, cache en outre des secrets de famille bien gardés et des souffrances qui engendrent une soif de vengeance inextinguible. Assassinats, dénonciations, abus de pouvoir, traîtrises et manipulations suintent sourdement derrière les faits divers tragiques qui troublent la petite société du village et des hameaux environnants. De fortes têtes émergent du tumulte, des hommes au tempérament fougueux, au charisme magnétique, mais sans aucun scrupule et terriblement déterminés. Forcés à l’exil, ils émigrent à New York qui devient le terrain d’affrontement, non seulement entre les gangs italiens et irlandais, mais aussi entre les différents clans familiaux. La Cosa Nostra de Little Italy, fédérée et dirigée par Lucky Luciano du fond de sa cellule, machiavélique et retors à souhait, gagne en puissance. A la faveur de l’entrée en guerre des États-Unis, elle devient l’alliée des autorités américaines pour organiser le débarquement programmé en Italie…

Un roman historique contemporain donc, dans la veine des épopées d’Alexandre Dumas, qui met en scène des personnages fictifs et réels de la célèbre organisation criminelle sicilienne. De quoi passer un agréable moment de lecture…

Merci au service de presse des éditions Buchet Chastel !

Father (« The father, Il padrino dei Padrini » 2009), de Vito Bruschini, traduit de l’italien par Thierry Maugenest, éditions Buchet Chastel, 14 septembre 2011, 633 pages

ISBN : 9782283024614 / 25 €

Et si vous jetiez un oeil sur...



Commentaires

Bonjour,
Après « Le Parrain » et surtout « La Gommora » que j’avais adoré … je pense que. tôt ou tard, je vais me laisser tenter !
Bonne journée !

posté par Richard le 08.10.11 à 16 h 46 min

Bonjour Richard… certainement plus soft que Gomorra !

posté par La Ruelle bleue le 08.10.11 à 16 h 49 min

Un sujet en or,qui m’intéresse et que le cinéma a parfois un peu vampirisé.

posté par Eeguab le 08.10.11 à 20 h 49 min

oui, mais ne t’attends pas à du noir, noir, noir… c’est plutôt dumasnesque comme traitement littéraire !

posté par La Ruelle bleue le 09.10.11 à 12 h 55 min

[...] Father, Vito Bruschini (Buchet Chastel) [...]

Les commentaires ne sont pas activés