Des voyous magnifiques, Bruno Gallet (Anne Carrière)


« Des voyous magnifiques » est le premier roman d’un féru de la nature sauvage et indomptable qui défie l’audace humaine. Mais c’est aussi le premier roman d’un dur au cœur tendre. Du moins c’est ce que j’ai ressenti à la lecture de cette histoire de course-poursuite haletante dans les Causses inhospitalières et glaciales.

Tout commence par un braquage qui tourne mal : Tuscan tue le directeur de la banque et s’enfuit avec son complice à bord d’une camionnette volée. Sans remords apparents, il trace la route pour échapper à la police. Il a une forte influence sur Abel qui l’accompagne dans sa cavale. Taiseux, rustre et sûr de lui, Tuscan fait figure de grand frère protecteur, de modèle d’autorité pour le jeune homme en déshérence sociale souffrant d’un cruel manque affectif depuis sa plus tendre enfance.

A la faveur d’un troisième élément insolite qui s’immisce passivement dans le duo, cette échappée belle de quelques jours à peine va prendre un tour inattendu. Abel s’émancipe peu à peu de l’ascendance de Tuscan. Pas seulement parce que ce dernier révèle des failles dans sa personnalité de voyou à travers lesquelles on entrevoit toute son humanité, mais aussi parce qu’Abel va trouver auprès du « troisième homme » de quoi réparer ses propres déchirures et prendre confiance en lui. Pour autant, les liens entre eux vont se renforcer et s’approfondir.

Malheureusement, le chemin initiatique des deux affranchis va se transformer en chemin de croix lorsqu’ils doivent terminer leur périple à pieds, dans le froid et le l’hostilité d’un paysage montagneux rendu impraticable par la neige. Mais au bout du braquage et du meurtre se profile la lueur d’un bienfait rédempteur…

Le roman, malgré quelques lourdeurs au début, arrive finalement à toucher son lecteur et à l’attendrir sans forcer sur le spectaculaire (qu’on pouvait craindre avec la course-poursuite) ou le pathos boursouflé (qu’on redoutait dans la relation du trio). La scène maîtresse du récit, non pas la dernière mais celle où tout se dénoue dans un décor caverneux aussi glauque que fascinant, est particulièrement réussie. La tendresse et la bienveillance prennent finalement le dessus sur un suspense et un rythme bien enlevé permettant à différents profils de lecteurs de se laisser happer…

Merci au service de presse des éditions Anne Carrière !

Des voyous magnifiques, de Bruno Gallet, éditions Anne Carrière, 13 octobre 2011, 279 pages,
ISBN : 9782843376184 / 18,5 €

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Commentaires

Bonjour mon amie,
Comme tu écris toujours magnifiquement, tu as l’art de me convaincre d’engraisser ma pile à lire !
Merci pour ces petits moments de plaisirs littéraires.
Amitiés

posté par Richard le 01.11.11 à 13 h 21 min

Engraissage de pile ??? Est-ce bien raisonnable…

posté par La Ruelle bleue le 03.11.11 à 19 h 40 min

C’est vrai qu’elle écrit bien notre copinaute !! En tout cas j’ai bien envie de me laisser tenter par celui ci car ces personnages m’intéressent! je l’avais feuilleté en librairie mais comme j’en avais déjà sous et n’ayant encore rien lu comme critique j’attendais de voir. Tu m’as convaincu !!!

posté par La petite souris le 04.11.11 à 22 h 43 min

Ton avis de rongeur de livres m’intéressera… Pas forcément enthousiaste au départ, mais assez emballée finalement… Tu me diras !

posté par La Ruelle bleue le 05.11.11 à 10 h 40 min

J’ai commencé le livre il y a quelques temps, je l’ai reposé ensuite pour lire d’autres romans et le début ne m’avait pas emballé. Je vais le reprendre, merci pour ta chronique.

posté par Fredo le 09.11.11 à 16 h 49 min

C’est vrai que le début patine un peu. Mais cela s’arrange et la tendresse un peu rude qui domine ensuite rattrape le tout !

posté par La Ruelle bleue le 09.11.11 à 19 h 54 min

[...] Posté par Serge Bénard le 1 novembre 2011 Des voyous magnifiques, Bruno Gallet (Anne Carrière) [...]

[...] Des voyous magnifiques, Bruno Gallet (Anne Carrière) [...]

posté par La Ruelle bleue : blog littéraire le 26.02.12 à 16 h 02 min
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