Juste une ombre, Karine Giebel (Fleuve noir)
Le meurtre parfait existe… Si,si… Et son auteur est d’une inventivité perverse et raffinée. Non seulement il est déjà passé à l’acte, mais il récidive selon les mêmes procédés qui se sont avérés si efficaces et si jouissifs.
Il a sélectionné une nouvelle victime, ou plus exactement une nouvelle proie car il est aussi cruel qu’un chat qui a attrapé une souris. Il l’a choisie minutieusement, selon certains critères bien définis. Belle et jeune bien sûr, mais aussi égoïste et déterminée, aussi implacable avec ses amis que dans sa vie professionnelle. Mais il connaît ses failles et son plus gros point faible : une culpabilité insurmontable qui remonte à l’enfance et qui a façonné une personnalité aux tendances paranoïaques tout en creusant un vide affectif autour d’elle…
Une fois la fille dans ses filets, il la fait souffrir lentement, la relâche en faisant mine de s’en détourner pour mieux la coincer entre ses griffes mortelles et ses mâchoires impitoyables. Il s’arrange pour la harceler sans répit tout en laissant croire à ses proches qu’elle est victime de ses propres démons. Il orchestre le moindre élément de son univers pour que l’étau se resserre lentement mais inexorablement. Il la détruit à petit feu, la manipule jusqu’à lui faire commettre le pire, l’achève une fois qu’elle est déjà à terre…
Mais ce n’est pas tout ! Le meurtrier aussi sadique que machiavélique vient à bout du super flic qui a volé au secours de la belle jeune fille. Pourtant le ténébreux et désespéré commandant de la police judiciaire était un champion : expérimenté, pugnace, courageux, valeureux… Faut dire qu’il n’avait plus rien à perdre, sauf sa propre vie…
Pas de happy end donc – encore que… les rebondissements s’insinuent jusque dans les dernières lignes du dernier chapitre – et ce contre-pied est diablement délectable. Comme ce jeu pervers entre les délires paranoïaques et l’effroyable vérité, ce va-et-vient constant et grinçant qui cisaille les nerfs du lecteur et entame la raison de la victime, au demeurant fort peu aimable tout en suscitant notre compassion pour les raisons mêmes qui nous la rendent si antipathique (joli tour de force dans la construction psychologique du personnage !).
Excellent thriller donc qui souffre juste à mes yeux parfois d’un excès dans le procédé narratif qui tente toujours d’en rajouter un peu plus dans l’effroi alors même que cela n’est pas nécessaire, l’intrigue se suffisant bien souvent à elle-même et au lecteur déjà attrapé dans le piège tortueux d’un suspense à vif…
















Commentaires
va falloir que je me décide enfin à lire un Giebel moi !! depuis le temps qu’on m’en dit du bien ! Mais je pense que je commencerai par Meurtre pour redemption. Tu l’as lu celui là? Bon par contre je suis content que tu confirmes que les chats sont particulièrement cruels quand ils attrapent une souris !! c’est pas moi qui vais dire le contraire hein?!
oui mais les auteurs sont particulièrement cruels avec les chats (faudrait faire une étude sur le nombre de chats atrocement mutilés dans les livres, c’est effarant ! Pourtant, je croyais que les écrivains étaient amis des félins de canapé)… Bon, pas ici, il y a juste un oiseau qui trinque. Mais c’est juste l’exception qui confirma la règle. Amitiés Bruno !
J’aime beaucoup cette auteure et ta chronique m’inspire beaucoup !
Merci de saboter ma résolution de ne pas acheter de livres d’ici quelques mois !!
Amitiés
Bises
Mais je t’en prie Richard, tout le plaisir est pour moi ! Si tu aimes cette auteure, alors tu vas adorer « Juste une ombre… »
Pour ma petite souris préférée …
Moi, j’ai adoré « Jusqu’à ce que la mort nous unisse »
Selon moi, son meilleur …
À bientôt
Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas laissé de commentaires sur ton blog, mais là, vu ton article, je peux t’assurer que je vais le lire. Cela me donnera l’occasion de renouer avec cette auteure que j’ai trop délaissée. Amitiés
Bonjour Pierre ! Il est vrai que j’ai un peu délaissé le noir ces derniers temps…