Méfiez-vous de vos voisins, de vos amis… et encore plus de vos amis voisins ! 3 livres pour vous en convaincre…


Une fois n’est pas coutume, voici un article « thématique » qui regroupe trois romans récents dans lesquels on retrouve de sympathiques psychopathes qui s’ignorent et qui vont faire de la vie de leurs voisins et amis un véritable cauchemar…

 

Rose, Gareth et leurs deux jeunes filles vivent à la campagne à quelques encablures de Londres. Lui est américain et artiste. Elle est femme au foyer, épouse attentionnée, ménagère accomplie et mère dévouée. Ils vivent dans une belle bâtisse qu’ils ont rénovée seuls et surmontent à peine une crise de couple éreintante. Rose espère pouvoir repartir du bon pied maintenant que tout s’est apaisé mais c’est sans compter sur l’irruption dans leur vie de sa meilleure amie d’enfance.

Polly débarque de Grèce à la mort de son mari, flanquée de ses deux jeunes garçons turbulents. Dépressive, manipulatrice, séductrice et terriblement égocentrée, elle va semer le trouble puis la panique dans cette paisible vie de famille jusqu’à la faire exploser, révélant au passage les failles de son amie Rose si « parfaite ». Une montée en puissance sourde et inexorable de la malfaisance… Premier roman plutôt réussi.

Nous serons inséparables (« Cuckoo », 2011), de Julia Crouch, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Valérie Bourgeois, 8 mars 2012, éditions des Presses de la Cité, 460 pages

ISBN : 9782258087897 / 22 €

« Derrière la haine » met en scène deux couples habitant côte à côte dans la même rue. Laetitia et David sont installés dans la maison de famille de la jeune femme héritée à la mort tragique de ses parents. C’est une jeune femme fragile dont on sent le besoin de protection. David, ancien condamné pour quelques bêtises faites dans sa jeunesse, y pourvoit avec pragmatisme et bon sens.

Une simple haie les sépare de leurs voisins, Tiphaine et Sylvain. Du même âge, les deux couples sympathisent très vite et prennent l’habitude de se fréquenter très régulièrement, bien au-delà d’une relation de simple voisinage. Leurs liens se renforcent lorsque les deux femmes tombent enceintes à quelques mois d’intervalles. Leurs deux garçons, Maxime et Milo sont élevés presque comme des frères.

Tout se passe de façon idyllique jusqu’à un terrible et tragique accident. Les reproches s’immiscent alors dans leur amitié, puis les doutes et enfin les pires accusations. La relation entre les deux familles deviennent de plus en plus tendues malgré quelques vaines tentatives de rapprochement.

Mais au-delà des rancoeurs et des griefs persistants, une menace terrible plane sur Laetitia et sa famille. Du moins, c’est ce que pense la jeune femme qui perd pied et devient hystérique aux yeux de ses proches. Paranoïa ou sixième sens ? Comment un anecdotique refus de percer la haie pour faciliter les allers et venues entre les deux familles peut-il dégénérer en haine tenace et mortelle ? Qui sont les vraies victimes dans l’histoire ? Le récit n’est parfois pas très subtil, mais l’intrigue est efficace…

Derrière la haine, de Barbara Abel, 12 avril 2012, Fleuve noir, 316 pages

ISBN :9782265094185 / 18,50 €

Vous me direz, question voisins, ce n’est pas vraiment plus glorieux Outre-Manche ! Prenez ce bon petit lotissement bien comme il faut, surveillé par un comité d’îlotage dont la présidente Sangita est aussi zélée que dévouée : tout à l’air d’aller pour le mieux ! Et pourtant…

Lucy et Neil accueillent leur nouvelle voisine qui vient juste d’emménager. Il est vrai qu’elle est curieuse cette voisine, peu fiable même aux yeux de Lucy. Mais cette suspicion n’est-elle pas tout simplement due à des préjugés à peine avouables envers les personnes obèses ? Car Annie, la nouvelle voisine qui vit seule avec son chat, est une de ces femmes bien en chair, trop en chair…

Il est vrai tout de même qu’Annie intrigue par son manque de vie sociale. Elle reste quasiment cloîtrée sans avoir d’activité professionnelle, semble mal à l’aise et maladroite en compagnie d’autres personnes. Les zones d’ombre qui entourent sa vie et son embarras au parfum de mensonges n’incitent guère à la confiance. Est-ce une personne malfaisante, comme le pense Lucy, panse-t-elle des blessures secrètes comme le pense Sangita, ou est-ce tout simplement une pauvre fille un peu perdue envers laquelle il faut montrer une certaine bienveillance comme le pense Neil ? Peut-être tout cela à la fois…

De préjugés en fausses idées et grâce au prisme d’une narration très subjective, l’auteur brouille les pistes, non pas sur l’obsession d’Annie envers Neil  - nul doute que la pauvre aurait besoin d’un suivi psychiatrique -, mais sur les drames de son passé. Peu à peu, le voile se lève, mais bien tard…

La voisine (« A kind of intimacy », 2009), de Jenn Ashworth, traduit de l’anglais par Anne-Sylvie Homassel, 16 février 2012, Éditions des Presses de la Cité, 477 pages

ISBN :9782258092353 / 21,50 €

 

Merci aux services de presse du Fleuve noir et des Presses de la Cité !

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