La nièce d’Hitler, Ron Hansen (Libretto)


Le 19 septembre 1931, le corps d’Angela Raubal, la fille de la demi-soeur d’Hitler, est retrouvé sans vie dans la chambre qu’elle occupait chez son oncle au 16, Prinzregentenplatz à Munich.

La jeune femme de 23 ans gît dans une mare de sanga, le pistolet de son oncle à ses pieds… Le Führer du parti nazi, qui s’était apparemment absenté pour un meeting et se trouvait la veille au soir à Nuremberg, encaisse le choc… Avant de partir de la Prinzregentenplatz, il avait essuyé une violente dispute avec sa nièce. Geli voulait absolument retourner en Autriche et échapper ainsi à l’emprise de son oncle. Il avait fini par accepter, par usure mais à contre-coeur. Le voilà effondré devant le cadavre de sa « princesse ».

Adolf Hitler était très lié à Geli, trop peut-être aux yeux de certains dignitaires nazis qui considéraient les relations ambiguës et perverses entretenues par l’oncle et la nièce nuisibles à l’essor du parti. D’aucun considère même que le décès d’Angela, la « femme de sa vie », marque un tournant dans la vie d’Hitler dont le caractère déjà autoritaire, ombrageux et misanthrope s’assombrit et se durcit encore plus.

Les rumeurs les plus folles circulèrent sur le drame : Geli était enceinte d’Hitler, ou mortellement jalouse d’Eva Braun ; elle s’était suicidée par dépit, ou rongée par sa soumission à son oncle ; elle avait été assassinée par Himmler pour la cause du parti, ou par Hitler fou de rage qu’elle veuille le quitter…

L’enquête sur sa mort se perdit dans des déclarations contradictoires (agitée et lunatique pour certains, la jeune femme était frivole et insouciante pour d’autres) et fut close rapidement. Il n’y eut pas d’autopsie, pas de photographies de la scène du drame, pas de zèle des fonctionnaires mise à part la vaine demande de supplément d’enquête d’un procureur vite étouffée par le futur ministre de la Justice du Reich. Certains éléments troublants furent passés sous silence. La thèse du suicide soufflée par les « spin doctors » du parti nazi cherchant à éviter un scandale avant les prochaines et prometteuses élections éclipsa les soupçons d’homicide que la presse avait peine à soulever. Pour autant, et malgré les consignes strictes de l’Eglise en Autriche concernant les suicidés, Angela Raubal fut inhumée en terre consacrée…

Ron Hansen, auteur d’ «Une coupable et irrépressible passion», s’est inspiré de ses différentes lectures documentées sur cette mystérieuse affaire pour réécrire à sa façon (talentueuse) la sulfureuse relation d’Hitler et de sa nièce. Il nous plonge ainsi dans les prémices du IIIème Reich, les coulisses de la vie privée d’Hitler et esquisse un portrait intime de l’homme glaçant, nous livrant une sorte de prélogie de l’insondable folie meurtrière à venir…

 

La nièce d’Hitler (« Hitler’s niece, 1999) de Ron Hansen, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sylviane Lamoine, janvier 2012, éditions Phébus, collection Libretto, 388 pages,

ISBN : 9782752906458 / 10,60 €

Et si vous jetiez un oeil sur...



Commentaires

Beaucoup d’auteurs ont du talent. Il est parfois difficile de faire un choix de lecture. Nous sommes favorisés d’avoir accès à des bibliothèques publiques permettant l’emprunt de romans de toutes sortes. Je crois que l’essence même d’un roman se joue à travers ses personnages et les aventures qu’ils vivront. Il n’y a que ça qui a vraiment son importance. Moi, j’ai une préférence pour l’aventure et le policier, mais je me laisse parfois tenter par un bon polar historique. Bonne lecture à tous.

posté par L’écrivain du dimanche le 02.05.12 à 23 h 31 min

[...] première nouvelle met en scène les amours scandaleuses d’Hitler et de sa nièce, qui, même si elle n’était en fait plus une enfant, est présentée ici sous l’aspect [...]

posté par La Ruelle bleue : blog littéraire le 10.06.12 à 11 h 11 min
Les commentaires ne sont pas activés