Flétrissure, Nele Neuhaus (Actes sud)


Encore un bon roman noir paru chez Actes sud avec pour toile de fond le Troisième Reich, l’aristocratie allemande et de sordides imposteurs.

Près de Francfort, un vieil homme est retrouvé assassiné à son domicile. Lors de l’autopsie, au lieu de trouver le tatouage d’immatriculation d’Auschwitz sur le bras du rescapé Samuel Goldberg, on découvre sous son derme des traces encore bien visibles du tatouage réglementaire des SS.

Oliver von Bodenstein et Pia Kirchhoff, tous deux en charge de l’enquête de police, sont encore plus perplexes lorsque leur hiérarchie leur ordonne le classement sans suites. Mais l’assassinat d’une vieille dame en maison de retraite leur permet de poursuivre leurs investigations : le lien avec la précédente affaire est clairement établi grâce à une même série de chiffres laissée par le meurtrier en guise de signature.

Très vite, il apparaît que les meurtres puisent leur motivation au cœur de la Seconde guerre mondiale, en Prusse-Orientale. Cette province allemande, objet des convoitises de Staline et qui sera réattribuée d’une part à la Pologne et d’autre part à l’Union soviétique, est dès la fin de 1944 prise dans l’étau impitoyable de la Wehrmacht impuissante et de l’Armée rouge triomphante. La population civile allemande doit alors être évacuée d’urgence et dans des conditions dramatiques, à l’instar de Vera Kaltensee, fille d’une noble famille dont la plupart des membres furent tués avant leur exode.

Aujourd’hui à la tête d’un belle fortune industrielle et jouissant d’une réputation sans tache, Vera règne en doyenne sur sa famille. Pourtant, les relations entre elle et ses enfants, le décès troublant de son mari et le climat délétère qui plombe l’ambiance du château familial semble dissimuler des secrets de famille peu avouables.

Quel est le lien entre les Kaltensee et les meurtres ? Qui était vraiment Samuel Goldberg et quel est son rapport avec l’autre victime assassinée ? Qui dirige le bras armé qui demande justice ?

L’intrigue se résout sur les lieux même où elle a pris racine, quelque part dans l’actuelle Pologne, dans les ruines du domaine des Kaltensee. La morale de l’histoire étant que lorsqu’on est abject à 20 ans, on est ignoble à 80.

Flétrissure, (« Tiefe Wunden », 2009 ), de Nele Neuhaus, traduit de l’allemand par Jacqueline Chambon, septembre 2011, éditions Actes sud, collection Actes noirs, 358 pages
ISBN : 9782742799084 / 22,50 €

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