Un léger déplacement, Marie Sizun (Arléa)


Tout doucement, une glissade vers des émotions refoulées, des souvenirs enfouis, des secrets bien gardés, des blessures encore vives : voilà ce à quoi nous convie Marie Sizun dans ce nouveau roman.

Le léger déplacement, c’est la fracture invisible entre le passé d’une jeune fille meurtrie et le présent d’une femme mûre apaisée. Comme un tremblement de terre muet qui verse inopinément à terre les choses les plus instables et les plus fragiles, celles qu’on avait pris soin d’entourer d’un voile de protection opaque. Comme la ligne de faille d’une digue qui rompt sous la pression. Et c’est bien ce qui arrive à la fin : le flot d’émotions longtemps contenu qui submerge soudain et provoque la rupture…

Ellen retourne à Paris sur les lieux de son enfance, 30 ans après son départ pour les Etats-Unis. Dans l’appartement de la rue du Cherche-midi dont elle a hérité, elle retrouve en souvenirs Hélène, l’austère fille outragée qui vivait avec son père nébuleux et sa marâtre couvant son fils rapporté telle une poule accrêtée, mais aussi l’amoureuse sage et passionnée qui s’émancipait et prenait son envol vers une cruelle déception. Ellen renoue avec elle-même et panse ses blessures d’amour, met du baume là où elle-même a pu blesser.

Marie Sizun nous décrit le cheminement ultime d’Hélène de l’amertume à la réparation. Le propos est grave et profond mais la sobriété, la douceur et la grande sensibilité de l’auteure amène une touche lumineuse à ce récit au style très sage, qu’on pourrait peut-être même trouver un peu trop « polissé ». Une jolie lecture qui parle de réconciliation avec soi et les autres comme couronnement d’une vie et accomplissement personnel.

Un léger déplacement, de Marie Sizun, janvier 2012, éditions Arléa, collection 1er mille, 281 pages,
ISBN : 9782869599710 / 20 €

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Commentaires

Bonsoir,
Je m’étais laissée tentée par « La plage » du même auteur, mais le côté « polissé » du récit avait fini par m’aveugler et prendre le pas sur la sensibilité et la douceur dont ce récit était pourtant lui aussi empreint, peut-être trop pour moi.  » Un léger déplacement » semble plus dans mes cordes. Je note, pour revoir mes idées reçues ….
Athalie

posté par Athalie le 28.05.12 à 20 h 01 min

Je crains que tu ne trouves cela trop sage…

posté par La Ruelle bleue le 01.06.12 à 15 h 25 min

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