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	<title>La Ruelle bleue</title>
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	<description>Un livre doit être la hache qui fend la mer gelée en nous - Kafka</description>
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		<title>Fissions, Romain Verger (Le Vampire Actif)</title>
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		<pubDate>Wed, 22 May 2013 12:33:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Ruelle bleue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature fantastique]]></category>
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		<description><![CDATA[Le ciel s'obscurcit, l'orage gronde, la foudre menace... L'homme et ses frayeurs, l'âme et ses terreurs, le cauchemar de la bouche... Bienvenue dans l'univers onirique, poétique, éthéré et fuligineux de Romain Verger.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src='http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/plugins/simple-post-thumbnails/timthumb.php?src=/wordpress/wp-content/thumbnails/10097.png&amp;w=200&amp;h=0&amp;zc=1&amp;ft=jpg' alt='post thumbnail' /></p>
<p><img src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/Fissions_RV.jpg" alt="Fissions_RV" width="250" height="371" class="alignleft size-full wp-image-10131" />Quel plaisir de retrouver l&rsquo;univers si particulier de Romain Verger ! Après ses <a href="http://www.laruellebleue.com/5689/forets-noires-de-romain-verger-quidam-editions/" title="Forêts noires, de Romain Verger (Quidam éditions)" target="_blank"><em>Forêts noires</em></a> qui m&rsquo;avaient envoûtée, voici <em>Fissions</em>, à la couverture orageuse laissant tomber la foudre, roman qui pour être plus troublant, escarpé et âpre que son prédécesseur &#8211; au sens de marquer les esprits &#8211; n&rsquo;en est pas moins poétique, ni délectablement littéraire.</p>
<p>De l&rsquo;histoire en elle-même, je ne vous en dirai que peu pour vous laisser la découvrir par vous-même. <img src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/le-cauchemar-fussli-150x150.jpg" alt="le cauchemar - Füssli" width="150" height="150" class="alignright size-thumbnail wp-image-10101" />Un jeune homme, une nuit de noces, une emprise, la montagne, le brouillard, un train, un bouc sacrifié, une chute, un aveuglement, un internement, des sorcières, des ogres, la jalousie, la séduction, l&rsquo;obsession et l&rsquo;angoisse, la folie, le refus d&rsquo;abandon, un cri sans fin&#8230;</p>
<p><img src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/Caspar_David_Friedrich_-_Morgennebel_im_Gebirge-150x150.jpg" alt="Caspar David Friedrich - Morgennebel im Gebirge" width="150" height="150" class="alignright size-thumbnail wp-image-10102" />L&rsquo;univers déployé dans ce roman &#8211; onirique, éthéré, fuligineux &#8211; m&rsquo;évoque tout à la fois Füssli et son <em>Cauchemar</em> ou sa <em>Folie de Kate</em>, Stuck et son baiser qui tue, les monstres aux bouches caverneuses de Goya ou les paysages de Friedrich, sublimes et grandioses, écrasant l&rsquo;homme de leur beauté si simple qu&rsquo;elle en devient lourdement mystérieuse et source d&rsquo;inquiétude et de menaces&#8230; </p>
<p>Mais peut-être est-ce justement parce que <em>Fissions</em> entre merveilleusement en résonance intime avec ce romantisme noir et lyrique à l&rsquo;honneur cette saison dans les musées parisiens&#8230; <img src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/El_Lazarillo_de_Tormes_de_Goya-150x150.jpg" alt="El_Lazarillo_de_Tormes_de_Goya" width="150" height="150" class="alignright size-thumbnail wp-image-10110" /><br />
Quoiqu&rsquo;il en soit, mon imaginaire sera hanté longtemps par les visions nées des variations littéraires de ce roman autour de la bouche par laquelle nous nous nous nourrissons, nous nous exprimons, nous nous aimons ; cette «gueule minérale», cette «gorge déployée», parfois «dévolue aux baisers» ou qui «n&rsquo;échappe pas à la becquée», qui se fait tantôt gouffre béant et noir, antre sans fond et strident, rictus figé ou fente serpentine, machine à broyer et à ruminer, porte ouverte à l&rsquo;écoeurement ou fruit rouge du péché, entrebâillement horrifique vers l&rsquo;enfer&#8230;</p>
<p><img src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/exposition-romantisme-noir-goya-ernst-musee-orsayok-300x175.jpg" alt="La Folie de Kate - Füssli" width="300" height="175" class="alignleft size-medium wp-image-10103" /> Le rêve de l&rsquo;individu est au coeur de l&rsquo;imagination mais <em>Fissions</em> nous rappelle que le cauchemar est aux mains de l&rsquo;inconscient collectif. Eros et Thanatos luttent dans un corps à corps acharné, décharné et sans merci, condamnés pour l&rsquo;éternité à libérer leurs pulsions indomptables par jets saccadés et puissants, ouvrant dans la croûte aride de l&rsquo;âme humaine de longues failles rougeoyantes.</p>
<p><img src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/1895_Franz_von_Stuck_le_Baiser_du_Sphinx_the_Kiss_of_the_Sphinx-150x150.jpg" alt="1895_Franz_von_Stuck_le_Baiser_du_Sphinx_the_Kiss_of_the_Sphinx" width="150" height="150" class="alignright size-thumbnail wp-image-10119" />Romain Verger a le don de cette plume si fascinante qui fouille au tréfonds du bizarre et de l&rsquo;organique, reconvoque brillamment les archétypes des contes et mythes délaissés, réactive des sensations primitives refoulées, renoue le dialogue avec l&rsquo;invisible de nos mémoires ancestrales, les terreurs nocturnes, les frayeurs de la disparition, l&rsquo;angoisse de la dissolution, l&rsquo;effroi de la perte des sens et de la raison. Quoi de plus orgasmique alors après la faillite cuisante d&rsquo;une envie de fusion qu&rsquo;une tentative de fission, l&rsquo;absorption d&rsquo;un corps étranger entraînant une projection infinie de particules de soi en offrande cosmique, le tout dans une explosion fabuleusement libératrice mais prodigieusement destructrice&#8230;</p>
<blockquote><p>« J&rsquo;ai pris de cette offrande pour ce qu&rsquo;elle était : un peu de toi qui m&rsquo;a visité tout à l&rsquo;heure et je t&rsquo;en suis reconnaissant. Sois patient et savoure. Tu t&rsquo;ouvriras bientôt comme une huître dont on sectionne le muscle et tu sentiras l&rsquo;univers se déployer sous nos doigts généreux. Tes sources cèderont, le temps ruissellera jusqu&rsquo;aux boues pélagiques, nous remonterons tes naissances de nos mains fouisseuses et nous rajeunirons en toi dans la nuit génésiaque, là où gazouille et fermente la vie ouverte à tous les spectres. »</p></blockquote>
<p><center><img src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/fussli_die_drei_hexen.jpg" alt="fussli_die_drei_hexen" width="450" height="317" class="aligncenter size-full wp-image-10112" /></center></p>
<p>&nbsp;</p>
<h6></h6>
<p><h8>Merci à l&rsquo;auteur pour sa discrète attention et au Vampire pour ses choix audacieux</h8></p>
<h4>Fissions, de Romain Verger, mai 2013, Le Vampire Actif éditions, collection Les Séditions, 138 pages<br />
ISBN : 9782917094099  /  12,50 €</h4>
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		<title>Annabel, Kathleen Winter (Christian Bourgois)</title>
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		<pubDate>Fri, 17 May 2013 14:16:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Ruelle bleue</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le douloureux sujet de l'hermaphrodisme abordé par une plume douce et délicate.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src='http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/plugins/simple-post-thumbnails/timthumb.php?src=/wordpress/wp-content/thumbnails/10020.png&amp;w=200&amp;h=0&amp;zc=1&amp;ft=jpg' alt='post thumbnail' /></p>
<p><img src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/annabel.jpg" alt="annabel" width="180" height="300" class="alignleft size-full wp-image-10021" /><br />
<i>« L’homme n’est peut-être que le monstre de la femme, ou la femme le monstre de l’homme ».</i></p>
<p>Telle est l’<em>« idée bien folle »</em> qui vient à Julie de Lespinasse dans le <i>Rêve de d’Alembert </i>alors que la discussion avec le docteur Bourdeu aborde les « difformités originelles ».</p>
<p>Pas si folle que ça, cette idée&#8230; En tout cas, pas si originale. Déjà <i>«en Grèce ancienne et à Rome jusqu&rsquo;à la fin de la République, les êtres humains et les animaux qui passaient pour être pourvus des deux sexes étaient impitoyablement éliminés, comme des monstres, comme des signes funestes envoyés aux hommes par les dieux pour annoncer la destruction de l&rsquo;espèce humaine»</i>*.</p>
<p>L’hermaphrodisme comme une monstruosité de la nature. On imagine assez facilement l’œil que les gens « normaux » peuvent porter sur cette irrégularité génétique extrêmement rare, entre incrédulité et effroi. Non seulement la sacro-sainte intégrité du corps humain est mise à mal, mais en plus, cela porte atteinte au caractère sexuel, d’où les sous-entendus pernicieux, voire obscènes… La boutade attribuée à l’humoriste Léo Campion est à ce titre édifiante : <i>« L’hermaphrodisme est un vice de forme et une forme de vice ».</i> Même si le regard porté sur les personnes hermaphrodites n’est heureusement pas toujours aussi ignoble que cette citation le laisse imaginer, on sait bien comme la différence peut être mal accueillie.</p>
<p>Difficile à accepter pour les autres, mais aussi pour soi-même ! Qu’est-ce qui détermine le masculin et le féminin, d’un point de vue psychique et sociologique, quand dans son corps cohabitent les organes génitaux de l’homme et de la femme ? Que peut ressentir une personne hermaphrodite devant les particularités de son anatomie ? Comment parvient-elle à se construire une identité ? Choisit-elle un genre plutôt qu’un autre ou son intersexuation peut-elle lui ouvrir une autre voie ? On imagine bien sûr que l’environnement est aussi déterminant dans le fait d’assumer cette différence, que ce soit la famille, les amis, les prises en charges médicales…</p>
<p>C’est tout l’objet de ce roman qui met en scène un nouveau-né du nom de Wayne qui progressivement s’affirmera en Annabel, porté par l’amour et l’affection de ses proches, même exprimés maladroitement, de loin ou avec gêne. Kathleen Winter, dans le sillage du <i>Middlesex</i> de Jeffrey Eugenides, évoque ce douloureux sujet avec tact, délicatesse et une grande douceur.</p>
<h6> </h6>
<p><h8><i>*voir &laquo;&nbsp;Le Sexe incertain, Androgynie et hermaphrodisme dans l&rsquo;Antiquité gréco-romaine&nbsp;&raquo; de  Luc Brisson, Les Belles Lettres, 1997</i></h8></p>
<h4>Annabel (« Annabel », 2010) de Kathleen Winter, traduit de l’anglais (Canada) par Claudine Vivier, 15 février 2013, Christian Bourgois éditeur, 454 pages     ISBN : 9782267023725  /  20 € </h4>
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		<title>La singulière tristesse du gâteau au citron, Aimee Bender (L’Olivier)</title>
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		<pubDate>Fri, 10 May 2013 08:18:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Ruelle bleue</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comment, à la sortie de l'âge tendre, on arrive à composer avec qui l'on est et ce que l'on est... Très jolie variation sur le thème de la quête d'identité.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src='http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/plugins/simple-post-thumbnails/timthumb.php?src=/wordpress/wp-content/thumbnails/9925.png&amp;w=200&amp;h=0&amp;zc=1&amp;ft=jpg' alt='post thumbnail' /></p>
<p><img src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/singuliere-tristesse-gateau-citron.jpg" alt="singuliere-tristesse-gateau-citron" width="180" height="273" class="alignleft size-full wp-image-9926" />La singulière tristesse du gâteau au citron… mais qu’est-ce au juste ? Cette vague chaude et épaisse berçant entre douceur et chagrin une enfance qui n’a pourtant rien de malheureuse ? Ce sentiment amer et déroutant d’étrangeté et d’impuissance qui gonfle à la sortie de l’âge tendre ? L’épreuve qui accompagne la naissance d’un individu autonome et différencié qui peine à trouver sa place à la fin du temps de l’innocence ? Un épanchement d’amour pour sa mère si grand qu’il finit par faire mal et dont il faut parvenir à se détacher ? L&rsquo;expérience du rejet et l&rsquo;incompréhension du monde ? Un goût acide qui tord le visage en grimaces mais qui assure aussi le sel de la vie ?</p>
<p>C’est tout cela et encore bien plus, la singulière tristesse du gâteau au citron. Rose Edelstein, douze ans, nous raconte la sienne par le menu. Il faut dire que Rose est douée : les fées se sont penchées sur elle à sa naissance, mais de sort, il y a le bon, et aussi le mauvais. C’est un problème d’équilibre…</p>
<p>Le don de Rose repose sur une surprenante alchimie combinant lucidité et sensibilité, délicatesse et candeur, pétulance et mélancolie. La pierre philosophale de Rose, c’est de transformer les goûts en émotions, de percevoir l’âme des gens à travers leurs réalisations culinaires, de percer leurs secrets les plus intimes et inavouables en une seule bouchée. Le don de Rose, c&rsquo;est aussi un fardeau : c&rsquo;est une question d&rsquo;équilibre&#8230;</p>
<p>Imaginez le calvaire ! Non seulement elle doit regarder les gens nus face à elle sans ciller les yeux et absorber toutes leurs ondes négatives en silence, mais en plus, elle se sent comme une sorte de monstre, une erreur de la nature. Sauf qu’un jour, elle se rend compte qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas la seule à avoir un don aussi singulier qu&rsquo;extraordinaire, que tout un chacun porte en héritage une façon d’être avec laquelle il faut savoir composer pour ne pas laisser la vie s’échapper sans en profiter pleinement. La chose est là, en soi, quelle qu’elle soit. Il faut en prendre conscience, l’apprivoiser et apprendre à la gérer, ce qui implique des choix souvent difficile à faire.</p>
<p>Rose va trouver sa voie et s’accomodera de son don. Son frère aussi, mais de façon plus radicale. Son père le fuira quand son grand-père l’aura subi toute sa vie.</p>
<p>Et le lecteur se reconnaîtra dans cette fable, quel que soit son don à lui et sa façon de s’y adapter. Il ressentira, confusément mais sûrement, comme une réminiscence, une madeleine de Proust. Il éprouvera alors cette fameuse tristesse singulière, venue de très loin, d’une contrée oubliée depuis l’enfance, sa propre singulière tristesse, si familière, si douce et perçante à la fois…</p>
<h4>La singulière tristesse du gâteau au citron (<i>« The particular sadness of lemon cake », 2010</i> ) de Aimee Bender, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Céline Leroy, 14 février 2013, éditions de L’Olivier, 344 pages<br />
ISBN : 9782879297804 / 22,50 € </h4>
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		<title>Maine, J. Courtney Sullivan (Rue Fromentin)</title>
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		<pubDate>Thu, 02 May 2013 08:19:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Ruelle bleue</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Deuxième roman réussi pour J. Courtney Sullivan, toujours sur le thème des femmes, cette fois vu sous l'angle de la famille.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src='http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/plugins/simple-post-thumbnails/timthumb.php?src=/wordpress/wp-content/thumbnails/10043.png&amp;w=200&amp;h=0&amp;zc=1&amp;ft=jpg' alt='post thumbnail' /></p>
<p><img src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/Maine.jpg" alt="Maine" width="180" height="263" class="alignleft size-full wp-image-10044" />On se souvient du premier roman de J. Courtney Sullivan, <i><a href="http://www.laruellebleue.com/8442/les-debutantes-j-courtney-sullivan-rue-fromentin/" title="Les débutantes, J. Courtney Sullivan (Rue Fromentin)" target="_blank">Les débutantes</a></i>, qui avait ravi un bon nombre de lecteur en 2012, dont le très enthousiaste libraire Gérard Collard. L&rsquo;auteur américaine propose cette année, toujours aux éditions rue Fromentin, un nouveau récit où les femmes sont toujours à l&rsquo;honneur.</p>
<p>Cette fois, il s&rsquo;agit non plus de relations amicales mais filiales, au sein d&rsquo;une famille d&rsquo;origine irlandaise installée sur la côte Est des États-Unis. La grand-mère, Alice, est une forte tête, une femme encore belle malgré ses quatre vingt et quelques années, toujours vive, au tempérament toujours plus redouté. Au sein de sa propre famille, elle ne cache pas ses préférences pour ses enfants et petits-enfants et ne mâche pas ses mots quand il s&rsquo;agit de critiquer le mode de vie de ceux qui ne cadrent pas avec ses principes. Mais elle-même est victime de son éducation stricte et catholique. Elle porte le poids d&rsquo;une double culpabilité : celle de n&rsquo;avoir jamais été une bonne petite fille, une personne sage, tempérante et obéissante et celle d&rsquo;avoir provoqué un drame irréparable.</p>
<p>Alice, veuve depuis une dizaine d&rsquo;années, retourne à chaque belle saison dans sa propriété du Maine. Cette résidence secondaire, gagnée sur un simple pari par son mari au début de leur vie conjugale et aujourd&rsquo;hui très cotée, a accueilli tous les étés les membres de la famille Kelleher. Les enfants d&rsquo;Alice, puis plus tard les familles de ses enfants.</p>
<p>Il y a d&rsquo;abord Kathleen, très attachée à son défunt père et en rupture totale avec sa mère. Sa vie de patachon est un sujet continuel de discorde avec Alice alimenté en sous-main par le manque d&rsquo;amour maternel dont a souffert l&rsquo;aînée de la fratrie. Le seul point commun entre les deux femmes est leur addiction à l&rsquo;alcool. La fille de Kathleen, Maggie, pâtit auprès de sa grand-mère de la mauvaise image de sa mère. Pourtant, Maggie est d&rsquo;une bien autre trempe et son apparente fragilité cache un courage et une détermination qui ont manqué à sa mère et à sa grand-mère.</p>
<p>Il y a ensuite Pat, le trop sage et raisonnable « fils à maman », dont le dévouement n&rsquo;est pas si désintéressé qu&rsquo;il semble l&rsquo;être. Sa femme Ann Marie, femme et mère parfaite aux yeux de tous, révèle quant à elle ses failles au bout de trente ans de bons et loyaux services.</p>
<p>Cette année sera certainement la dernière année pour Alice dans le Maine. Elle a décidé, sans rien dire à personne, de faire don de sa propriété à l&rsquo;Eglise, espérant une indulgence par ce biais pour ses péchés. Elle espère ainsi obtenir le pardon, pas tant aux yeux de Dieu qu&rsquo;aux siens propres, et compte bien retrouver la paix intérieure pour les derniers temps qu&rsquo;il lui reste à vivre. Mais c&rsquo;est sans compter sur l&rsquo;arrivée au cottage de Maggie, Ann Marie et Kathleen&#8230;</p>
<p>On retrouve ici le style tellement apprécié des <em>Débutantes</em>, cette façon de scruter à la loupe des générations de femmes avec leurs aspirations, leurs contraintes, la façon dont elles se plient ou non au déterminisme de leur genre, la façon parfois cruelle dont elles se protègent, la façon dont elles arrivent à assumer leurs choix ou au contraire la façon dont elles se fissurent après de vaines et persévérantes tentatives de se conformer à ce que l&rsquo;on attend d&rsquo;elles. Courtney Sullivan brosse un tableau de famille grinçant et de très beaux portraits de femmes tout en leur portant un regard bienveillant, loin de tout jugement moralisateur ou réprobateur.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h6></h6>
<p><h8>Merci au service de presse des éditions Rue Fromentin !</h8></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4>Maine (<i>« Maine », 2011</i>) de J. Courtney Sullivan, traduit de l&rsquo;anglais (Etats-Unis) par Catherine Lavacourt, 2 Mai 2013, éditions Rue Fromentin, 380 pages<br />
ISBN: 9782919547135 </h4>
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		<title>Nano lectures, Barbara Bibs (Editions Anne d’Hercourt)</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 08:27:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Ruelle bleue</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Anne d'Hercourt]]></category>
		<category><![CDATA[Coup de coeur]]></category>
		<category><![CDATA[inclassable]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Soyons curieux !]]></category>

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		<description><![CDATA[Quel est celui de nous qui n'a pas, dans ses jours d'ambition, rêvé le miracle d'une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s'adapter aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience? Baudelaire]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src='http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/plugins/simple-post-thumbnails/timthumb.php?src=/wordpress/wp-content/thumbnails/9958.png&amp;w=200&amp;h=0&amp;zc=1&amp;ft=jpg' alt='post thumbnail' /></p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-9959" alt="nanolectures" src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/nanolectures.jpg" width="180" height="266" />Les éditions Anne d’Hercourt ont vu le jour en novembre dernier et je suis ravie de vous présenter l’un de leurs tout premiers livres au catalogue. D’autant plus que ces « Nano lectures » s’inscrivent dans un genre peu commun, audacieux et délicat, que l’on pourrait qualifier, faute de meilleure inspiration, de &laquo;&nbsp;nouvelles à chute traitées à la façon d’un poème en prose&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p>Barbara Bibs nous propose une petite trentaine de textes très brefs, de deux, trois, quatre pages chacun, tour à tour pétillants, mordants, attendris ou moqueurs, souvent décalés, qui nous emmènent directement là où on n’aurait jamais pensé atterrir, avec beaucoup de délectation et d’humour pour le lecteur, mais aussi à n’en pas douter beaucoup d’habileté et d’application pour l’auteur.</p>
<p>Car brièveté et concision n’équivalent en rien à facilité ou simplicité, bien au contraire. On s’en rend aisément compte lors de ces nano lectures qui gagnent à être mises en voix afin de pouvoir jouir de leur musicalité. Mais même en mode sourdine, le lecteur ne pourra qu’apprécier la richesse des associations de mots et d’idées, la goguenardise bonhomme et contagieuse qui force le sourire, l’ingénieuse faculté à capter le lecteur et à le surprendre sur une si courte distance.</p>
<p>Et si cela ne vous a pas encore convaincu de tenter l’expérience, je m’en remets à cette dédicace éloquente d’un autre âge, d’un autre auteur à propos d’un autre livre, qui s&rsquo;insèrerait à merveille en préface de ces nano lectures :</p>
<blockquote><p>« Mon cher ami,</p>
<p>je vous envoie un petit ouvrage dont on ne pourrait pas dire, sans injustice, qu&rsquo;il n&rsquo;a ni queue ni tête, puisque tout, au contraire, y est à la fois tête et queue, alternativement et réciproquement. Considérez, je vous prie, quelles admirables commodités cette combinaison nous offre à tous, à vous, à moi et au lecteur. Nous pouvons couper où nous voulons, moi ma rêverie, vous le manuscrit, le lecteur sa lecture; car je ne suspends pas la volonté rétive de celui-ci au fil interminable d&rsquo;une intrigue superflue. Enlevez une vertèbre, et les deux morceaux de cette tortueuse fantaisie se rejoindront sans peine. Hachez-la en nombreux fragments, et vous verrez que chacun peut exister à part. Dans l&rsquo;espérance que quelques-uns de ces tronçons seront assez vivants pour vous plaire et vous amuser, j&rsquo;ose vous dédier le serpent tout entier. »</p>
<p>Préface du « Spleen de Paris ou Petits poèmes en prose » de Charles Baudelaire, adressée à Arsène Houssaye</p></blockquote>
<h6></h6>
<p><h8>Merci aux éditions Anne d’Hercourt !</h8></p>
<h4>Nano lectures, de Barbara Bibs, 21 novembre 2012, éditions Anne d’Hercourt, 104 pages<br />
ISBN : 9791090775015  /  13 €</h4>
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		<item>
		<title>Retour à Whitechapel, Michel Moatti (HC éditions)</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Apr 2013 15:34:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Ruelle bleue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature française]]></category>
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		<category><![CDATA[Littérature noire]]></category>
		<category><![CDATA[Roman policier historique]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
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		<category><![CDATA[culpabilité]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[fait divers]]></category>
		<category><![CDATA[HC éditions]]></category>
		<category><![CDATA[intrigue]]></category>
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		<category><![CDATA[serial killer]]></category>
		<category><![CDATA[société victorienne]]></category>
		<category><![CDATA[XIXème siècle]]></category>

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		<description><![CDATA[Retour sur les traces de Jack l'Eventreur... Michel Moatti nous présente son enquête personnelle à propos de l'identité du tueur sous une forme romancée qui fait revivre les quartiers les plus pouilleux du Londres victorien.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src='http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/plugins/simple-post-thumbnails/timthumb.php?src=/wordpress/wp-content/thumbnails/9880.png&amp;w=200&amp;h=0&amp;zc=1&amp;ft=jpg' alt='post thumbnail' /></p>
<p><img src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/retourwhitechapel.jpg" alt="retourwhitechapel" width="180" height="257" class="alignleft size-full wp-image-9882" />Jack l’Eventreur n’a pas fini de faire parler de lui ! On l’a déjà aperçu par le passé <i>in the Blue Lane</i> sous la plume inspirée de <a href="http://www.laruellebleue.com/5003/jack-leventreur-de-robert-desnos-ed-de-lherne/" title="Jack l’Éventreur, de Robert Desnos (éd. de L’Herne)" target="_blank">Robert Desnos</a>. Il y rôde à nouveau aujourd’hui, cette fois par l’entremise d’un journaliste français qui a mené sa propre enquête à propos de l’identité du mythique serial killer londonien et s’est forgé une intime conviction qu’il livre sous la forme romancée.</p>
<p>Une infirmière en poste au London Hospital à Whitechapel en 1941 apprend qu’elle est la fille de la dernière victime de l’Eventreur, Mary Jane Kelly, assassinée et atrocement mutilée dans sa chambre de Dorset Street dans la nuit du 8 au 9 novembre 1888. Mrs Pritlowe, une fois la stupeur et l’effroi passés, décide de se plonger dans son histoire familiale oubliée, de suivre la trace de l’assassin entre Whitechapel, Aldgate et Spitalfields, à la rencontre du fantôme de sa mère dont elle n’a aucun souvenir.</p>
<p>Elle devient donc membre d’une société de ripperologues basée au cœur du quartier maudit, à quelques dizaines de mètres du lieu du drame. Elle cherche également par tous les moyens à faire ressurgir des oubliettes de la mémoire ses souvenirs de jeune enfant. Elle se lance à corps perdu dans la traque de l’assassin, cherchant dans les documents d’archives de nouveaux indices, exploitant des pistes évoquées puis abandonnées par les journalistes ou les policiers de l’époque.</p>
<p><img src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/carte-whitechapel.jpg" alt="carte-whitechapel" width="259" height="194" class="alignright size-full wp-image-9883" /> Au cours de ses recherches, elle exhume de l’oubli les gens souvent misérables qui habitaient et travaillaient dans ce coin de Londres populeux et insalubre, à quelques encablures seulement des chics quartiers ouest de la capitale, avec ses Lords, son commerce prospère, son ère victorienne florissante… Elle croise les ouvrières de la fabrique d’allumettes, les filles célibataires qui ne gagnent pas assez bien leur vie et qui font le trottoir pour trouver l’argent nécessaire à les loger et les nourrir, elles et leurs enfants, les hommes rudes et violents. Elle constate la saleté et la noirceur des rues, le danger au détour des portes cochères et des impasses, les vols, l’alcool pour se réchauffer le corps et s’anesthésier l’esprit, les maladies de peau, des poumons, du foie et les pauvres existences écourtées par la violence des conditions de vie et de travail.</p>
<p>C’est le monde, plutôt bien rendu, des laissés-pour-compte de Dickens, de Sue, des Misérables d’Hugo, des Lantier de Zola… Ce sont les entrailles victoriennes décrites magistralement il y a quelques années par Michel Faber dans <em>«La Rose Pourpre et le Lys»</em>…</p>
<p>Et Mrs Pritlowe, dans <em>«Retour à Whitechapel»</em>, parvient à découvrir, non seulement qui est l’assassin, mais qu’il est encore en vie…</p>
<p>La thèse développée par Michel Moatti n’est, en partie, pas nouvelle et somme toute, pas si surprenante. Elle reprend une des solutions de l’énigme déjà évoquées par le passé, objet de vives polémiques, et vient la compléter. Mais après tout, a-t-on vraiment envie de connaître la véritable identité de Jack l’Eventreur ? Ce fait divers a été littéralement canonisé par la légende urbaine. Il est une source d’inspiration artistique toujours renouvelée. Et les victimes ne peuvent plus depuis longtemps obtenir réparation. Alors, et c&rsquo;est bien ainsi, ce n&rsquo;est qu&rsquo;une hypothèse de plus qui permet encore au visage du diable sans tête de rester dans l’ombre des quartiers fantômes de l’East End pouilleux et dans les champs les plus fertiles de notre imagination.</p>
<p>Allez ! en conclusion une petite devinette qui aurait donc intérêt à rester encore longtemps sans réponse :</p>
<blockquote><p>
J’ai lu dans le journal un roman dont j’étais le héros  toujours à l’aise quand il fait pluie.</p>
<p>Mon cœur bat l’extinction des feux,</p>
<p>Mes yeux sont la nuit.
</p></blockquote>
<p><a href="http://www.laruellebleue.com/liste-des-articles/jack-l’egareur-de-robert-desnos/" target="_blank">Qui suis-je</a> ?</p>
<h6></h6>
<p>&nbsp;</p>
<p><h8>Merci au service de presse des éditions HC !</h8></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4>Retour à Whitechapel, de Michel Moatti, 24 janvier 2013, HC éditions, 345 pages<br />
ISBN : 9782357201361   /  19,90 €</h4>
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		<item>
		<title>Il ne restera aucune trace de ton passage, Thierry Vouillamoz (Atramenta)</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Apr 2013 13:35:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Ruelle bleue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature francophone]]></category>
		<category><![CDATA[autoédition]]></category>
		<category><![CDATA[crime]]></category>
		<category><![CDATA[femme fatale]]></category>
		<category><![CDATA[mélancolie]]></category>
		<category><![CDATA[monomanie]]></category>
		<category><![CDATA[passion]]></category>
		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
		<category><![CDATA[romantisme]]></category>
		<category><![CDATA[serial killer]]></category>
		<category><![CDATA[univers fantastique]]></category>

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		<description><![CDATA[Un premier roman publié à compte d'auteur. Soyons curieux  ! Entretien avec l'auteur et découverte de son jeune héros passionné à travers le questionnaire de Proust...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src='http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/plugins/simple-post-thumbnails/timthumb.php?src=/wordpress/wp-content/thumbnails/9802.png&amp;w=200&amp;h=0&amp;zc=1&amp;ft=jpg' alt='post thumbnail' /></p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-9809" alt="il-ne-restera-aucune-trace-de-ton-passage" src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/il-ne-restera-aucune-trace-de-ton-passage.jpg" width="180" height="270" /> <em> Un premier roman publié à compte d&rsquo;auteur : voilà qui est inédit dans la Ruelle bleue ! Mais soyons curieux le temps de quelques questions posées à l&rsquo;auteur, <a href="http://vouillamozweb.ch/" target="_blank">Thierry Vouillamoz</a>, afin de faire connaissance avec lui et son jeune héros en prise aux tourments de la passion et aux pulsions criminelles&#8230;</em></p>
<p>Votre roman met en scène un jeune homme sensible et marginal, à la vie intérieure fébrile et tumultueuse, pétri de fantasmes, qui tombe fou amoureux. Troublé par cette passion qui le dévore, il commet (ou pas) une série de meurtres dont d’autres femmes sont les victimes. C’est un bref résumé de lecteur. Pourriez-vous nous proposer votre résumé d’auteur ?</p>
<blockquote><p>Vous avez très bien résumé. Il s’agit effectivement d’un garçon au point mort, spectateur de sa vie seulement, pauvre de surcroît. Lui qui ne suscite aucune curiosité de la part de son entourage, pourquoi ne laisse-t-il pas cette fille indifférente ? Mais c’est tant mieux ! Il s’en sort petit à petit, mais aux prix de vies innocentes. Tue-t-il par amour ? Oui. Est-il responsable de ces actes ? Il ne le sait pas ; personne ne sait.</p></blockquote>
<p><em>«Il ne restera aucune trave de ton passage»</em>. Doit-on entendre ce titre en écho à <em>«vanités des vanités, tout est vanité»</em> ou est-ce une allusion au monde du rêve dans lequel tout est permis, tout est possible, en toute impunité et dans le seul secret de son âme ?</p>
<blockquote><p>Exactement, j’entends par là : que restera-t-il après la vie ? sommes-nous périssables et voué à l’oubli ?</p></blockquote>
<p>Votre roman semble inspiré de la littérature de la fin du XVIIIème siècle, qu’elle soit romantique avec un personnage principal très « werthérien », ou fantastique avec un climat évoquant entres autres E.T.A Hoffmann, comme cela est souligné dans la préface. Etes-vous un admirateur de ce siècle, de ces auteurs, de ces genres de littérature ?</p>
<blockquote><p>Non, je n’avais lu que peu de choses, une dizaine de romans tout au plus. Cette condition était un challenge. Ce sont les essais que je préfère lire. &laquo;&nbsp;Choses et Autres&nbsp;&raquo; de Prévert ; &laquo;&nbsp;Tel Quel&nbsp;&raquo; de Paul Valéry ; &laquo;&nbsp;Fragments d’un Discourt Amoureux&nbsp;&raquo; de Roland Barthes sont des livres que j’ai lus cette année par exemple.</p></blockquote>
<p>Le récit s’inscrit cependant aussi dans un cadre très contemporain notamment par le vocabulaire employé ou les situations évoquées comme la précarité économique des jeunes qui entrent dans la vie active. Pensez-vous que la figure d’un héros romantique puisse traverser les siècles sans aucune altération due au contexte historique et sociologique ?</p>
<blockquote><p>Le romantisme n’est pas qu’une mode du 18e, il est ancré en ceux qui le ressentent. La joie, la dépression, la mélancolie, le romantisme… symptômes de ce que l’on est et puis c’est tout. Ceux qui sont doués de cette aptitude à se complaire dans le pathos se réuniront un jour et formeront de nouveaux mouvements. Il y avait les romantiques, il y a les gothiques, il y en aura d’autres surtout maintenant que cette ère <i>sex friends</i>, sexe casse-croûte, facile et sans engagement est une véritable plaie pour les Amoureux qui sont seuls chez eux à espérer. C’est une matière parfaite pour travailler.</p>
<div id="attachment_9850" class="wp-caption alignright" style="width: 160px"><img class="size-thumbnail wp-image-9850" alt="© Thierry Vouillamoz" src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/thvuil-150x150.jpg" width="150" height="150" /><p class="wp-caption-text">© Thierry Vouillamoz</p></div>
<p>On crée un personnage romantique puis il attrape un coup de foudre pour une femme, dès lors on a un champ de possibilités immense : tentera-t-il sa chance ? par quels moyens ? Abandonnera-t-il ? Finira bien ou finira mal… Si en plus il n’a pas de situation professionnelle stable, on obtient deux «quêtes» à développer. Le sujet du gars romantique est donc impérissable et une source d’inspiration infinie, il peut exaspérer ou faire rire&#8230;</p></blockquote>
<p>Il semble pour votre personnage qu’au désenchantement du monde s’ajoute le désœuvrement. C’est décidément un grand mélancolique ? Pensez-vous que la mélancolie a encore sa place aujourd’hui et de quelle façon ?</p>
<blockquote><p>La mélancolie est un fléau pour celui qui la ressent. Elle implose des cœurs, des carrières ; elle détruit des vies. Le protagoniste en fait l’amère expérience. Disons que pour ce personnage elle est une offrande à sa belle. « Vois le temps que je passe à penser à toi ; vois l’état dans le quelle je me mets. Ces états sont ma définition Unique de l’amour Unique que j’éprouve pour toi afin que jamais tu ne doutes de ma dévotion. »</p></blockquote>
<p>Votre personnage principal flotte entre rêves et réalité, la frontière entre les deux semblant pour lui extrêmement perméable. Il peine à trouver sa place dans l&rsquo;existence. &laquo;&nbsp;L’étranger au monde&nbsp;&raquo; est un thème qui vous nourrit ?</p>
<blockquote><p>Lorsqu’une relation est impossible, l’impression que la réalité dans laquelle je vis me semble irréelle. Reste le doute. Pourquoi cette version de la réalité et non une autre plus aisée ?</p></blockquote>
<p>La couverture du livre est une aquarelle représentant un visage sans traits qui évoque à la fois une douceur triste et une violence silencieuse. Vous en êtes également l&rsquo;auteur ? Je trouve qu’elle entre vraiment en résonance avec le récit. Sauriez-vous dire pourquoi ?</p>
<blockquote><p>Cette aquarelle est effectivement une création personnelle. Ce visage (sans visage) est énigmatique. Le roman, lui, amène la réponse.</p></blockquote>
<p>Vous êtes un jeune auteur mais l’écriture n&rsquo;est pas votre seul moyen d’expression artistique. Que vous apporte cette pratique de particulier, de complémentaire ?</p>
<blockquote><p>L’écriture a l’avantage de canaliser mon esprit. J’ai moins de concentration lorsque je chante ou peint, je m’évade donc moins.</p></blockquote>
<p>Est-ce votre premier roman ? Ecrivez-vous depuis longtemps ?</p>
<blockquote><p>C’est mon premier roman. J’ai commencé à écrire quand j’ai entamé sa rédaction et je peux presque affirmer que j’ai appris à écrire avec lui.</p></blockquote>
<p>Vous publiez à compte d&rsquo;auteur. Est-ce un choix délibéré ou le résultat du parcours d’un combattant pour être publié ?</p>
<blockquote><p>En premier lieu, je désirais partager gratuitement et librement le roman sous licence <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_publique_générale_GNU" target="_blank">GNU</a>.</p>
<div id="attachment_9859" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><img class="size-full wp-image-9859" alt="© Thierry Vouillamoz" src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/arbre_fou_gouache.jpg" width="150" height="150" /><p class="wp-caption-text">© Thierry Vouillamoz</p></div>
<p>J’ai alors déniché les éditions In LibroVeritas et Atramenta qui permettent cela. Dans un second temps, j’ai estimé que la validation du manuscrit par un comité de lecture serait une fabuleuse récompense pour un auteur, un gage de qualité. J’ai envoyé mon manuscrit à une vingtaine de maisons. J’attends encore des réponses. Je suis libre de trouver une autre maison et j’espère que ça arrivera. C’est l’impatience et la confiance que j’avais en Atramenta qui m’a poussé à autoéditer mon manuscrit.</p></blockquote>
<p>Enfin, pourriez-vous présenter votre personnage principal en vous prêtant par procuration au jeu du questionnaire (abrégé et révisé) de Proust ?</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #3366ff;"><em>Son occupation préférée</em></span></p>
<p style="text-align: center;">Découvrir l’informatique à la façon d’un explorateur.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #3366ff;"><em>Son rêve de bonheur</em></span></p>
<p style="text-align: center;">Vivre dans un chouette appartement au rez-de-chaussée avec celle pour qui il a attrapé le coup de foudre.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #3366ff;"><i>Quel serait son plus grand malheur ?</i> </span></p>
<p style="text-align: center;">Aller en prison et ne pas pouvoir terminer sa «quête»</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #3366ff;"><i>A part lui-même qui aimerait-il être ?</i></span></p>
<p style="text-align: center;"><i> </i> Oh, il se regarde le nombril, il aimerait être lui et seulement lui, mais en ayant plus de chances qu’il n&rsquo;en a eues jusque-là.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #3366ff;"><i>Où aimerait-il vivre ? </i></span></p>
<p style="text-align: center;">N’importe où, mais avec sa belle.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #3366ff;"><em>Son auteur favori</em></span></p>
<p style="text-align: center;"> Je pense qu’il aimerait Herman Hesse. S’il n’a pas lu le Loup des Steppes, je le lui conseille.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #3366ff;"><i>La musique qu&rsquo;il écoute en boucle</i></span></p>
<p style="text-align: center;"><i> </i>Arcade Fire</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #3366ff;"><i>Ses héros dans la fiction</i></span></p>
<p style="text-align: center;">Odin, le dieu nordique des poètes.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #3366ff;"><i>Ses héroïnes dans la fiction</i></span></p>
<p style="text-align: center;">Trinity dans Matrix</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #3366ff;"><i>Ses héros dans la vie réelle</i></span></p>
<p style="text-align: center;">Gandy et <a href="http://www.linux-france.org/article/these/guide_linux/02_chapitre_03_section.html" target="_blank">Linus Torvalds</a></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #3366ff;"><i>Ses héroïnes dans la vie réelle</i></span></p>
<p style="text-align: center;">Sûrement une serveuse avec qui il aime discuter</p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="color: #3366ff;">Ce qu&rsquo;il déteste par-dessus tout</span> </i></p>
<p style="text-align: center;">Qu’on lui fasse la morale sans proposer aucune solution</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #3366ff;"><i>Comment il aimerait mourir</i></span></p>
<p style="text-align: center;">Doucement, près d’un cours d’eau.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #3366ff;"><i>Sa devise</i></span></p>
<p style="text-align: center;">Ne sois jamais rancunier</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #3366ff;"><i>Son épitaphe</i></span></p>
<p style="text-align: center;">Laissez-moi, ne vous en faites pas : je ne suis que mort</p>
<p style="text-align: center;"><i><span style="color: #3366ff;">Sa plus belle déclaration d&rsquo;amour</span> </i></p>
<p style="text-align: center;"> Je t’aime.</p>
<h4>Il ne restera aucune trace de ton passage, de Thierry Vouillamoz, Atramenta, janvier 2013,  146 pages<br />
ISBN : 9789522731227  /  13,90 €</h4>
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		</item>
		<item>
		<title>Henri IV, l’énigme du roi sans tête, Stéphane Gabet et Philippe Charlier (Librairie Vuibert)</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Apr 2013 11:38:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Ruelle bleue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Essais et documents]]></category>
		<category><![CDATA[corps humain]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Librairie Vuibert]]></category>
		<category><![CDATA[médecine]]></category>
		<category><![CDATA[sciences]]></category>
		<category><![CDATA[Soyons curieux !]]></category>
		<category><![CDATA[XVIIème siècle]]></category>

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		<description><![CDATA[La tête momifiée retrouvée au fond d'une armoire en 2008 est-elle bien celle d'Henri IV, comme le suppose la légende qui lui tourne autour ? Récit (captivant) d'une enquête scientifique et historique dont les derniers et tout récents résultats "probants" ont relancé la polémique.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src='http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/plugins/simple-post-thumbnails/timthumb.php?src=/wordpress/wp-content/thumbnails/9772.png&amp;w=200&amp;h=0&amp;zc=1&amp;ft=jpg' alt='post thumbnail' /></p>
<p><img src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/02/henri4.jpg" alt="henri4" width="180" height="264" class="alignleft size-full wp-image-9773" />Peut-être avez-vous vu en 2011 un documentaire sur France 5, rediffusé récemment à l’occasion de la sortie de ce livre, qui relatait l’enquête menée par le journaliste Stéphane Gabet sur une tête momifiée retrouvée dans une armoire au fond d’un grenier et attribuée selon la légende qui l’entoure à Henri IV.</p>
<p>Histoire rocambolesque s’il en est de cette découverte en 2008 !  Comment diable cette tête plutôt bien conservée s’est-elle retrouvée chez ce vieux couple habitant en province et n’ayant dit mot de leur trésor pendant des années ?</p>
<p>Pourquoi pensent-ils qu’il s’agit de la tête d’Henri IV ? Ce bon roi n’a pourtant pas été guillotiné, mais poignardé en 1610 : tous les élèves se rappellent du nom de Ravaillac et de l’assassinat sempiternellement illustré dans les manuels scolaires par le tableau de Charles Gustave Housez.</p>
<p>Et s’agit-il vraiment de la tête du Vert Galant ? Comment s’en assurer ?<img src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/02/assassinat-henri-IV-234x300.jpg" alt="assassinat henri IV" width="234" height="300" class="alignright size-medium wp-image-9776" /></p>
<p>Par des moyens scientifiques bien sûr… C’est pourquoi Stéphane Gabet a fait appel à des spécialistes qui ont exécuté une batterie de tests et d’examens sur la fameuse tête, pendant que d’autres chercheurs enquêtaient dans les archives pour collecter des indices à défaut de preuves incontestables.</p>
<p>La tête a donc été étudiée sous toutes les coutures, scrutée, scannée, reniflée afin de déterminer ses particularités, ses caractéristiques générales. Les résultats ont été confrontés à ce qui a été exhumé des archives et des études historiques menées en parallèle.</p>
<p>Ainsi, le trou dans le lobe de l’oreille amenait à se demander si le roi, à l&rsquo;instar des derniers Valois, portait une boucle et donc à retrouver des témoignages historiques l’attestant. Il fallait déterminer également d’où provenait les traces bleues repérées à la base de la tête. S’interroger sur le fait que le crâne n’était pas scié ce qui contrevient a priori aux techniques d’embaumement employées pour les rois de France. Le carbone 14 devait également révéler si la tête datait bien du XVIIème siècle.</p>
<p>A l’issue de cette série d’examens, de la confrontation insolite de vieux os les uns aux autres et de découvertes inédites sur les mœurs de nos anciens, Stéphane Gabet s&rsquo;est retrouvé avec un faisceau d’indices concordants, mais aucune preuve indiscutable.</p>
<p>Le clou des études et analyses restait donc la confrontation de l’ADN de cette tête avec celui du sang de Louis XVI conservé sur un mouchoir. Et là se posaient deux problèmes majeurs : l’ADN de la tête était difficilement analysable car contaminé par le plomb du cercueil qui l&rsquo;a abritée des décennies durant et rien ne prouvait que le sang sur le mouchoir était bien celui de Louis XVI. Il s’agit encore d’une légende familiale qui voudrait que ce sang ait été recueilli par un aristocrate italien lors de la décapitation sur la place de la Concorde et conservé presque religieusement depuis.</p>
<p>Mais finalement les tests sont effectués sur les échantillons les plus exploitables et les résultats attestent une compatibilité avec une relation paternelle directe sur sept générations….</p>
<p>Si l&rsquo;analyse est fiable, de deux choses l’une : soit il s’agit bien du sang de Louis XVI et de la tête d’Henri IV, l’un étant la preuve de l’autre et inversement, soit il s’agit d’une coïncidence absolument renversante !</p>
<p>Mais ne crions pas victoire et prolongeons le sujet au-delà de ce livre regorgeant d&rsquo;un bel enthousiasme mais forcément de parti pris, bien que préfacé par Jean-Pierre Babelon <em>himself</em>,  biographe reconnu d&rsquo;Henri IV et spécialiste de l&rsquo;époque&#8230; Suite à la parution de ces résultats dans une revue scientifique, des voix se sont élevées avançant des contre-arguments. Ainsi, la question cruciale de la boucle d’oreille ne met pas tout le monde d&rsquo;accord.  Plus dérangeant, l’ADN ne serait pas compatible avec celui d’Anne de Roumanie, descendante contemporaine avérée de Louis XIV !</p>
<p>Alors la lectrice que je suis se pose une simple question, trahissant son ignorance mais attestant de sa véritable curiosité. Il est dit dans le livre que Louis de Bourbon, Louis XX pour ses partisans, né en 1974 et descendant de Louis XIV a accepté d’apporter son aide à l’enquête notamment sur le volet historique. Mais alors pourquoi son ADN n’a-t-il pas été comparé à celui du sang du mouchoir et de la tête momifiée ? Scientifiquement peu probant ? Son désir d’aide s’est-il arrêté aux frontières de ses cellules ?</p>
<p>Toujours est-il que la tête de son présumé aïeul lui a été restituée et qu’elle dormirait aujourd’hui dans un coffre-fort de banque en attendant l’autorisation d’inhumation à Saint-Denis (il faut rendre à César…).</p>
<p>Mais après tout, Henri IV ou pas, ce n’est pas cela qui va changer la face du monde quand le nez de Cléopâtre, trop long au goût de Blaise Pascal, y a échoué !</p>
<p>Il n’en reste pas moins que ce récit de l’enquête est captivant, mêlant sciences d’aujourd’hui, Histoire de France, aventures rocambolesques et personnalités haute en couleurs !</p>
<p>&nbsp;</p>
<h6></h6>
<p><h8>Merci au service de presse de la Librairie Vuibert !</h8></p>
<p>&nbsp;</p>
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<h4>Henri IV, l’énigme du roi sans tête, de Stéphane Gabet et Philippe Charlier, préface de Jean-Pierre Babelon, La Librairie Vuibert, février 2013,  157 pages<br />
ISBN : 9782311013672  /  16,90 € </h4>
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		<title>Je nagerai jusqu’aux premiers rapides, Jean-Laurent Poli (LC éditions)</title>
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		<pubDate>Sun, 24 Mar 2013 09:39:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Ruelle bleue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature française]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature francophone]]></category>
		<category><![CDATA[Coup de coeur]]></category>
		<category><![CDATA[culpabilité]]></category>
		<category><![CDATA[deuil]]></category>
		<category><![CDATA[existence]]></category>
		<category><![CDATA[LC éditions]]></category>
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		<category><![CDATA[souffrance]]></category>

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		<description><![CDATA[Un homme cobaye remonte à contre-courant le flot tumultueux de l'existence, en prise avec la souffrance, la vieillesse, la maladie et la mort... Mais arrivé aux premiers rapides, "un poignet invisible (le remet) dans le sens de la vie".]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src='http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/plugins/simple-post-thumbnails/timthumb.php?src=/wordpress/wp-content/thumbnails/9942.png&amp;w=200&amp;h=0&amp;zc=1&amp;ft=jpg' alt='post thumbnail' /></p>
<p><img src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/jenagerai.jpg" alt="jenagerai" width="180" height="288" class="alignleft size-full wp-image-9943" />Vous souvenez-vous d’une campagne contre les accidents domestiques qui avait pris la forme de pièces d’habitation mises à l’échelle d’une taille d’enfant ? L’idée était de se mettre dans la peau d’un tout-petit pour mieux comprendre les dangers auxquels il est confronté. Expérience percutante !</p>
<p>Pourquoi ne pas imaginer la même chose, mais cette fois pour se glisser dans la peau fatiguée et le corps défaillant d’une personne d’un certain âge ? C’est ce qu’a fait Jean-Laurent Poli dans son nouveau roman en enfilant à son narrateur une combinaison aussi spéciale que fantastique qui permet de ressentir l’arthrose, le manque de tonus et autres joyeusetés d’une vie sur le déclin…</p>
<p>Le narrateur cobaye est d’ailleurs bien trouvé : ses deux parents sont plongés jusqu’au cou dans la maladie, l’un dézingué par une attaque cérébrale, l’autre phagocytée par un cancer et il ne fait aucun doute que leur fin de vie sera pénible, douloureuse et ma foi bien peu digne. </p>
<p>Leur fils a donc assisté à leur décrépitude, observé le processus inéluctable, les a soutenus comme il se doit durant leur longue agonie, entretenant cruellement, mais avait-il un autre choix ? &#8211; cynisme et dérision afin de maintenir les affects à distance. </p>
<blockquote><p>« Le temps de l’agonie est un fleuve qui prend sa source en terre inconnue et croise de multiples affluents. Ce fleuve, j’ai commencé à en remonter le courant, de ses eaux paisibles jusqu’aux premiers rapides. »</p></blockquote>
<p>Voir l’injuste souffrance et l’insupportable déchéance de ceux qui nous ont mis au jour. Se préparer au deuil et attendre la mort qui avance à tout petits pas comptés, accueillir vaillamment ses éclaireurs, tous ces souvenirs qui remontent et éclatent à la surface, comme des bulles dans l’eau sous la pression d’un objet qui sombre. Mettre sa vie entre parenthèses pour s’occuper des siens, sacrifier son temps libre, effectuer des tâches rebutantes, accepter la perte d’autonomie de sa mère nourricière, de son père protecteur, les voir totalement infantilisés sous le joug de la maladie… </p>
<p>Ne pas leur en vouloir, surtout ne pas les maudire, ne pas culpabiliser non plus, justement parce qu’on ne peut pas s’empêcher de pester contre eux, contre leur ténacité pourtant bien involontaire à se maintenir en vie, alors qu’on espère ardemment, bien que très honteusement,  que cela s’arrête, et vite ! Qu’ils meurent, enfin, que le calvaire prenne fin&#8230;</p>
<p>Et face à cette épreuve, il y a le ronronnement agaçant de la vie qui continue autour, la marche absurde du quotidien. Il y a une confrontation, rude et insensée, entre l’expérience d’une solitude immobile et figée dans l’attente d’une délivrance et un monde insouciant, voire indifférent, qui bouge, tourne, s’active, se disperse, se répand en tracasseries superficielles et pinailleries grotesques.</p>
<p>Comme dans <a href="http://www.laruellebleue.com/7914/peut-on-aimer-une-morte-jean-laurent-poli-lc-editions/" title="Peut-on aimer une morte ? Jean Laurent Poli (LC éditions)" target="_blank">son précédent roman</a> et de façon toujours aussi saisissante, Jean-Laurent Poli décrit un être solitaire, un observateur désabusé en orbite autour d’une réalité qui le déroute, l’effraie et le captive à la fois. Mais cette fois le regard est plus noir, par l&rsquo;évocation même de l&rsquo;idée et de l&rsquo;expérience de la souffrance, alors que l’accent est pointé sur la déshumanisation de notre société, son manque d’empathie, ses injonctions binaires et son implacable rationalité contre lesquels notre cobaye, courageux, lutte…</p>
<blockquote><p>«Une fois au sol (…), je n’arrive plus à me retourner. Comme un cloporte sur le dos.<br />
- Aidez-moi ! Aidez-moi. Bordel de merde ! »
</p></blockquote>
<p>…mais je vous rassure, pas en vain. Car arrivé dans le tumulte des premiers rapides, après toute cette nage harassante à contre-courant, il y a le lâcher-prise et <em>&laquo;&nbsp;l&rsquo;assentiment à l&rsquo;ordre ténu des choses&nbsp;&raquo;</em>…</p>
<h6></h6>
<p><h8>Merci à LC éditions !</h8></p>
<h4>Je nagerai jusqu’aux premiers rapides, Jean-Laurent Poli, 7 mars 2013, LC éditions, 152 pages<br />
ISBN : 9782366260045  /  14 € </h4>
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		<title>Je n’ai de goût qu’aux pleurs que tu me vois répandre, Sébastien Bonnemason-Richard (Alma)</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Mar 2013 11:20:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Ruelle bleue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature française]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature francophone]]></category>
		<category><![CDATA[Alma]]></category>
		<category><![CDATA[crime]]></category>
		<category><![CDATA[existence]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[folie]]></category>
		<category><![CDATA[monomanie]]></category>
		<category><![CDATA[passion]]></category>
		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
		<category><![CDATA[romantisme]]></category>
		<category><![CDATA[Soyons curieux !]]></category>

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		<description><![CDATA[Road-movie halluciné d'un funambule romantique soumis aux affres d'un amour exclusif et absolu : "Dérisoire, au bord d’une mer démontée, je suis errant de l’estran, entre mer et plage, mer et nuages, dans l’indistinction du jour et de la nuit"...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src='http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/plugins/simple-post-thumbnails/timthumb.php?src=/wordpress/wp-content/thumbnails/9899.png&amp;w=200&amp;h=0&amp;zc=1&amp;ft=jpg' alt='post thumbnail' /></p>
<p><img src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/jenaidegout.jpg" alt="jenaidegout" width="180" height="251" class="alignleft size-full wp-image-9900" /><i>Madame Bovary, c’est moi aussi…</i> </p>
<p>C’est ce que le jeune auteur Sébastien Bonnemason-Richard revendique dans un autoportrait qui figure en postface de son premier roman dont le titre est, quant à lui, emprunté à Racine. Le court récit se déploie entre ces deux parenthèses en forme de références littéraires, ponctué d’autres hommages rendus à chaque tête de chapitre à Philippe Jacottet, Arthur Rimbaud, Vladimir Nabokov, Lorand Gaspar, Hélène Duffau, Paul Eluard ou Charles Baudelaire…</p>
<p>Un homme amoureux quitte sans volonté de retour son morne et moderne quotidien et prend la route pour retrouver celle qu’il aime. Désabusé du concret et de l’ennui de son existence antérieure, hanté par un goût d’imposture, il décide de « s’abolir, s’abroger, s’annuler ». Sur la route qui le conduit en Irlande, il s’enflamme sous l’effet de l’ardeur de ses propres sentiments, il s’embrase à la fièvre de ses émotions en ébullition, les sens aiguisés, prédateur à l&rsquo;affût de sa proie.</p>
<blockquote><p>« Respire plus fort que je puisse t’entendre. »</p></blockquote>
<p>A chaque kilomètre avalé et énoncé vainement, comme un compte-à-rebours rythmant un mental de plus en plus discursif, il s’éloigne de la terre ferme et du monde tangible qu’il ne sait plus partager avec autrui pour s’enfoncer dans son propre univers fantasmagorique dont il est le seul héros, pétri de pulsions phagocytaires, cherchant l’assouvissement de ses désirs les plus intimes, superbement tourmenté comme seuls peuvent l’être les héros romantiques.</p>
<blockquote><p><img src="http://www.laruellebleue.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/Friedrich-mer-de-nuages.jpg" alt="Friedrich-mer-de-nuages" width="200" height="254" class="alignright size-full wp-image-9905" />« Dérisoire, au bord d’une mer démontée, je suis errant de l’estran, entre mer et plage, mer et nuages, dans l’indistinction du jour et de la nuit. »
</p></blockquote>
<p>Et ce n’est finalement pas un acte manqué s’il a emporté avec lui « son doudou », un objet transitionnel transgressif, une arme transmutée « en concept, en œuvre d’art »&#8230;</p>
<p>Le roman est ainsi nourrit des richesses du monde intérieur du personnage principal, un « paysage état d’âme » qui permet l’évasion,</p>
<blockquote><p>« Espace et temps, irrémédiablement mêlés. »</p></blockquote>
<p>Bref mais intense, ce road-movie oscille entre le réel et l’imaginaire, ligne de fuite tendue comme un fil de funambule au-dessus d’un précipice, avec un homme en équilibre instable avançant droit devant, élégamment mais fatalement, avant de s’échouer, naufragé, dévasté…</p>
<blockquote><p>« J’ai basculé, mon amour, de l’autre côté… »</p></blockquote>
<p>… puis de renaître, tel le phénix de ses cendres, de s’affranchir du grotesque et d’enfin entrevoir la beauté, mais toujours passager d’un voyage immobile entre la raison et la folie.</p>
<blockquote><p>« Plus rien, à part le chemin d’écume que le ferry laissa et qui sembla atteindre le ciel.</p>
<p>Une  simple trace blanche tatouée sur un gris aux reflets  bleus.»
</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<h6></h6>
<p><h8>Merci au service de presse d’Alma Editeur !</h8></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4>Je n’ai de goût qu’aux pleurs que tu me vois répandre, de Sébastien Bonnemason-Richard, 10 janvier 2013, Alma éditeur, 99 pages<br />
ISBN : 9782362790553  /  14 € </h4>
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